Croire, est-ce le contraire de savoir ?

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  • Publié le : 22 novembre 2010
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Croire est communément opposé à savoir : la croyance est personnelle alors que le savoir serait objectif. Ex : 2+2=4 est une certitude objective, cependant que le jugement de la vie quotidienne ne semble pas fournir une telle certitude. Dans ce contexte, il semble bien que croire et savoir relèvent de deux attitudes logiquement contraires, c’est-à-dire telles que si je suis en présence de l’unealors je peux dire que je ne suis pas en présence de l’autre : un savoir ne serait pas une croyance et une croyance ne serait pas un savoir.
Cependant comment puis-je garantir que mon savoir est un véritable savoir et pas seulement une croyance, si je ne mets pas ce savoir à l’épreuve ? De la même manière, comment puis-je éprouver ma croyance si je ne la mets pas en relation avec le savoir detelle sorte que je puisse au moins prétendre à la valeur de vérité de ma croyance : une croyance que l’on saurait être fausse vaudrait-elle encore la peine d’être crue ? Par conséquent, la frontière entre le fait de croire et de savoir ne semble pas réductible aussi facilement qu’on aurait pu le penser, à une relation de contrariété. Comment alors mieux cerner leurs relations exactes ?
Tout d’abordc’est la relation du sujet à l’objet qui est ici en question dans la mesure où l’on interroge le fait de croire et le fait de savoir : c’est bien la capacité du sujet à justifier de la valeur de son énonciation qui est ici en question.
D’autre part, l’opposition apparente du savoir et du croire ne peut être pensée véritablement que par la mise en évidence du doute comme lien d’émergence de lavérité. C’est bien le doute qui va constituer l’épreuve commune de la croyance et du savoir pour permettre de les penser. C’est dans le scepticisme que la croyance semble être la plus proche du savoir.
Enfin, la mise en évidence du jugement comme lien commun d’énonciation du savoir et de la croyance n’explique pas que le croire ne diffère pas du savoir mais oblige à dissocier les deux en fonction del’opposition de la conviction et de la persuasion.

Comme annoncé ci-dessus, le savoir semble contraire au croire. Savoir relève de la certitude, la croyance relève de l’incertitude. Par exemple, les mathématiques et la vie quotidienne seraient des certitudes. Un savoir est une vérité mais une croyance peut être une erreur. L’universalité du savoir s’oppose à la singularité de la croyance. Cesoppositions semblent claires ; pourtant il existe des problèmes dès lors que l’on interroge le savoir ou la croyance du point de vue de celui qui croit ou croit savoir. En effet, qu’est ce qui garantit que ce que je crois être un savoir est un véritable savoir sinon ma croyance en ce savoir. De même qu’est ce qui me permet de dire que ma croyance n’est pas un savoir dès lors que je n’ai pas mis enévidence des critères du savoir. En d’autres termes, qu’est ce qui garantit la valeur des oppositions couramment faites entre croyance et savoir.
Il apparaît que la nécessité du doute pour départager croyance et savoir repose sur la mise en cause de l’autorité comme source du savoir. Descartes dans Méditations Métaphysiques livre I, définit le doute naturel. Selon ce philosophe, le doute estinsuffisant pour assurer la valeur de vérité de mon savoir comme savoir au profit de la croyance mais les conditions même du croire puisqu’avant le cogito « moi qui pense, j’existe » rien ne garantit qu’une croyance soit encore possible. Dans ce contexte de scepticisme radical, c’est l’épreuve du doute qui va permettre de dissocier le croire et le savoir afin de mieux les situer l’un par rapport à l’autre.De ce fait, la dissociation des idées claires et distinctes des autres idées va nous éclairer sur le fait que la validité du savoir ne repose plus sur « moi » seul mais sur Dieu comme instance universelle susceptible de garantir le savoir.
Dès lors il faut distinguer la croyance du sujet qui doit faire l’épreuve du doute, du savoir qui repose sur la garantie de la validé des idées...
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