Croissance et développement

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  • Publié le : 4 novembre 2009
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L’histoire économique montre que les débats qui sont aujourd’hui au centre de l’attention médiatique ou scientifique n’ont pas toujours occupé une telle place. Ainsi, alors même que l’on s’interrogeait sur l’usure ou le juste prix, ou à une époque où le concept de valeur faisait l’objet de développements passionnés, la croissance économique n’était pas à l’ordre du jour. Il afallu attendre les travaux de penseurs tels que Karl Marx ou encore Joseph Schumpeter pour disposer enfin d’une analyse de ce phénomène (que l’on définit classiquement comme l’augmentation durable de la production économique). Pourtant, la croissance est aujourd’hui au centre des discussions. Et pour cause : les bouleversements que les pays développés ont connus lors des « Trente Glorieuses » ontmontré que, lorsqu’elle se produit à un rythme soutenu, elle est susceptible d’engendrer toute une série de transformations économiques et sociales étonnantes. Ce qui n’empêche pas de s’interroger sur le sens et l’intérêt de ces transformations : le souci de « mieux partager les fruits de la croissance » traduit les inquiétudes de beaucoup de spécialistes quant à l’usage qui est fait des richessesproduites (d’autres s’inquiètent des conséquences d’un rythme de croissance soutenu). Cette interrogation sera au centre de notre réflexion : dans un premier temps, on s’attachera à montrer que la croissance est bien une condition nécessaire au changement social, c’est-à-dire à la transformation des structures et du fonctionnement des sociétés ; dans un deuxième temps, on s’attachera à montrer que,s’il est légitime de rechercher un développement économique et social harmonieux, la croissance ne peut être suffisante : d’autres facteurs doivent être impliqués.

Les anthropologues ont démontré qu’il n’existait pas de société « immobile » : toutes connaissent le changement social. Dans nos sociétés, les sociétés industrielles, ce changement social est lié à la croissance économique qui en estune condition nécessaire. On se propose de le montrer de deux façons différentes : en rappelant d’abord que la croissance est une source de revenus et en insistant ensuite sur le fait que l’activité économique est un ensemble de combinaisons productives. Par définition, croissance économique signifie augmentation des revenus (revenus du capital ou revenus du travail), d’où augmentation du pouvoird’achat et du niveau de vie, c'est-à-dire l’accès à des biens primaires de qualité supérieure, ou à des biens et services secondaires en quantité sans cesse accrue. Il y a tout lieu de penser que cette consommation de biens et de services peut se faire car il se développe parallèlement une offre qui renouvelle ses produits ou qui en engendre de nouveaux (grâce aux investissements eux-mêmes liés àl’activité économique). L’augmentation des revenus est source de transformations qui interagissent les unes avec les autres : développement des systèmes financiers ; transformation des circuits de consommation (avec le déclin des petits commerces et l’extension massive du salariat) ; modification des systèmes de production (pour pouvoir mettre en place une production de masse) associée à une évolutiondes méthodes de travail ; mise en place d’un système de protection sociale (répartition ou capitalisation), à mettre en relation avec une évolution des modes de soins (hygiène, santé, institutions médicales de plus en plus performantes). La liste n’est pas exhaustive mais elle permet déjà d’entrevoir à quel point les modes de vie peuvent en être modifiés : la généralisation de l’automobile, parexemple, transforme les

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loisirs et l’usage que l’on fait de son temps libre (de même qu’elle permet d’élargir les frontières accessibles à chacun), mais aussi ce que l’on peut envisager de faire sur le plan professionnel ; et l’on pourrait aussi montrer les effets de la diffusion de biens d’équipements comme la télévision ou le réfrigérateur, ou les conséquences de la...