Croissance et inégalités sociales

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 31 (7709 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 29 novembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
CORRECTION : La réduction des inégalités est-elle un frein à la croissance ?

Le gouvernement Raffarin projette d’instaurer une amnistie des capitaux sortis de France illégalement : en payant une taxe légère, les ménages pourraient rapatrier leurs capitaux qu’ils avaient placé à l’étranger. L’objectif de cette mesure serait d’accroître la quantité de capitaux prêts à être investie en France.Pour être efficace, elle devrait être couplée avec une autre stratégie : la réduction de l’imposition des plus riches. Dans le cas contraire , il ne paraît guère intéressant de rapatrier ses capitaux pour qu’ils soient taxés fortement, alors que l’objectif initial était justement d’éviter cette taxation. Cette option gouvernementale semble donc être dans la logique libérale, puisque l’augmentationdes impôts des plus riches engendre une fuite de l’épargne et une réduction de l’investissement et de la croissance. Cette stratégie engendrerait certes des inégalités, que l’on peut définir comme des différences se traduisant par des avantages ou des inconvénients , mais elles seraient bénéfiques pour tous .
Les inégalités seraient positives car elles favoriseraient la croissance économique . Eneffet « le capitalisme est un jeu à somme positive où la coopération des entrepreneurs et des salariés peut améliorer le sort de tous ».
Le problème est alors de définir quelles inégalités sont acceptables et positives. Or , la caractéristique des inégalités est d’être protéiforme. Certes, il y a aujourd’hui un consensus pour refuser les inégalités de chances au départ : tous les individusdoivent être traités de la même manière au départ , ensuite leurs revenus dépendront leurs efforts . Seulement , il est impossible d’obtenir une égalité réelle au départ : en effet , les inégalités ne sont pas seulement quantitatives ( revenu , patrimoine ) , elles sont aussi qualitatives ( école , culture , santé ) .
Certaines inégalités sont donc injustes. Cela ne pose pas de difficultés aux libérauxdans la mesure où les inégalités créent de la richesse supplémentaire qui se traduit par une augmentation du revenu de tous . Pourtant, les études statistiques reliant inégalités et croissance ne montrent pas de relation automatique entre des deux variables . Car les libéraux oublient les effets pervers de la hausse des inégalités sur la demande et sur la productivité des travailleurs .

I-SELON LES LIBERAUX , LA REDUCTION DES INEGALITES FREINE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

D'après l'analyse libérale, les inégalités sont justes car elles rémunèrent des efforts différents et efficaces car elles permettent la croissance économique . Au contraire, réduire les inégalités débouche, comme on 1' a vu dans la plupart des PDEM dans les années 80 , par une perte d'efficacité économique . En effet,les mesures visant à réduire des inégalités limite la croissance extensive , obtenue par l’augmentation des facteurs de production et la croissance intensive résultant de l’augmentation de la productivité des facteurs de production , c’est-à-dire de la production d’une unité de facteurs de production.

A – LES MOYENS UTILISES POUR REDUIRE LES INEGALITES

La réduction des inégalités qu’ellessoient quantitatives ou qualitatives nécessite une forte intervention de l’Etat . Celui-ci va opérer une redistribution verticale en prélevant les plus riches pour donner des revenus aux plus pauvres. Deux conséquences apparaissent alors. La première est l’augmentation de la progressivité de l’impôt . Comme le but des prélèvements obligatoires n’est pas seulement de financer l’action de l’Etat ,mais de réduire les inégalités , il faut que plus le revenu augmente , plus la part d’impôt payé soit forte .
La seconde est le versement de revenus indépendants de l’activité productive : l’Etat-Providence apparaît qui considère que l’individu n’est pas totalement responsable de son sort et doit recevoir des aides , même s’il ne participe pas à la production en apportant du travail ou du capital...