Croyance

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  • Publié le : 12 décembre 2011
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« Toute croyance est-elle illusoire ? »

« Toute croyance est-elle illusoire ? », on s'intéresse par là, au sens même de la croyance et on sous-tend ainsi deux grandes idées : toute croyance serait illusoire et il existerait des croyances qui ne le seraient pas. C'est la nature même de la croyance qui fait l'objet de cette question. La croyance ne serait-elle pas pure illusion du fait qu'ellevienne du domaine du donné, qu'elle n'est pas en soi ce qui est ?
Pourtant, une croyance ne peut-elle pas être fondée sur une vérité, et n'est-elle pas une possibilité dans l'absolu ? Ce qui reviendrait à remettre en cause son caractère illusoire dans le sens où elle pourrait refléter ce qui est. Oui, mais comment juger alors si une croyance est illusoire ou si elle ne l'est pas sans avoirconnaissance de ce qui est ? Or, si l'on a le savoir, la croyance n'existe plus, il deviendrait alors impossible de juger une croyance. L'illusion ne naîtrait-elle donc pas du caractère dubitatif de la croyance, du fait qu'elle n'est pas savoir en soi ?

Il semble que l'homme, depuis les toutes premières formes de civilisation jusqu'à aujourd'hui ait tenté d'expliquer ce qu'il ne pouvait pascomprendre. Ainsi il a cherché à inventer, à trouver des solutions à ce qu'il ne pouvait pas saisir, et leurs descendants les ont assimilées, intégrées à leurs cultures sans les remettre en cause, de là sont nés les mythes et les croyances. Dans différentes civilisations antiques, on attribuait divers éléments naturels comme étant l'émanation de certains dieux maîtres de ces éléments. Par exemple, dansla mythologie grecque ou Scandinave, la foudre était due aux colères du dieu grec Zeus ou du dieu nordique Thor, ils s'en faisaient une représentation bien précise et les acceptaient comme tel.
Les diverses croyances sont une façon de se rassurer face à ce qui nous dépasse, de pallier à l'inconnu. En fait, ces croyances seraient générées par la peur que l'homme éprouve face à son incompréhension.On relève que dans la plupart des religions, on promet une vie après la mort, une vie magnifique, né serait-ce pas là un moyen d'estomper la peur de la mort, la minimiser ? Les croyances seraient des refuges, elles permettraient à l'homme de ne pas se poser de questions, souvent inquiétantes par le fait qu'il n'arrive pas à savoir, et qui remettrait en cause toute son existence.
La croyanceserait alors illusoire dans le sens où elle n'est pas ce qui est, qu'elle est du domaine du donné. En fait, une croyance n'apporte pas de preuves de sa validité. Par exemple, « est-ce qu'il y a un Dieu ? », on en sait rien, ça revient à un « peut-être bien qu'oui, peut-être bien que non ». La croyance reviendrait alors à un présupposé, une opinion. Cette croyance est donc empreinte au doute dans lesens où elle n'est pas ce qui est, qu'elle ne peut le démontrer. Mais ce doute est l'ennemi même de la croyance car s'il était émis, il la détruirait. Lorsque Nicolas Copernic publia son essai sur « les mouvements des corps célestes », et qu'il affirma que c'était la terre qui tournait autour du soleil, il fut condamné par le pape Paul V car contraire aux écritures. Pour un croyant en quoi que cesoit, il ne peut pas y avoir de doute possible. Ce doute est alors supprimé par la foi en cette croyance. Dans les « possédés » de Dostoïevski, il est dit de la foi qu' « elle sert à éliminer toute supposition, tout doute sur l'existence en dieu ou plus généralement sur la véracité de la croyance ». La foi est le « ciment » de la croyance, elle sert à ne pas dévier, donc à ne pas douter.
Or,lorsque André Gide dit que « l'appétit de savoir vient du doute », il laisse entendre que pour atteindre la connaissance de ce qui est, il faut pouvoir douter, remettre en cause ses présupposés, comme l'a fait Descartes dans ses « méditations ».Dans ce sens, alors la croyance s'opposerait au savoir à partir du moment où elle ne permet pas de connaître l'être des choses, et elle serait par la même...
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