Culture et classe sociale

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  • Publié le : 28 avril 2011
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Document n° 1 : Le débat inné/acquis

Plusieurs études ont montré que les enfants adoptés par une famille de statut socio-économique sensiblement supérieur à celui de leurs parents biologiques en tirent un bénéfice substantiel. C’est le cas de l’enquête menée par Michel Schiff et ses collaborateurs pour le compte de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Desenfants d’ouvriers peu qualifiés, abandonnés à la naissance, avaient été adoptés vers 4 mois par une famille dont le père se situait dans un niveau proche des cadres supérieurs. Le QI de ces enfants adoptés s’est avéré sensiblement supérieur à la moyenne nationale (109 contre 100). À l’inverse, leurs frères et sœurs biologiques qui avaient été élevés dans la famille d’origine ont obtenu des scores deQI de 95. L’adoption a donc permis une élévation de 14 points de quotient intellectuel. De plus, le taux d’échec scolaire est quatre fois moins important dans le premier groupe que dans le deuxième. Michel Schiff conclut de cette étude que si des enfants d’ouvriers vivaient dans les mêmes conditions familiales et sociales que les enfants adoptés de l’étude, environ la moitié d’entre euxobtiendraient des notes de QI correspondant aux exigences de l’université, alors qu’un enfant d’ouvrier n’a que quelques pour cent de chances d’entrer à l’université. (...)
Mais parallèlement, de nombreuses études effectuées sur des jumeaux ou des enfants adoptés ont mis en évidence l’importance des facteurs génétiques sur les fonctions mentales, que cela s’exprime au travers de compétences cognitivesspécifiques (aptitudes verbales et spatiales, mémoire...), de la réussite scolaire, ou encore du retard mental. (...) En 1990, Thomas J. Bouchard et ses collègues de l’université du Minnesota, à Minneapolis, ont publié les résultats d’une étude impliquant cinquante-six paires de jumeaux de diverses parties du monde. Elle conclut que la corrélation entre QI et génétique est de 70 %. Elle concerne desjumeaux séparés très tôt dans la vie, élevés séparément, puis réunis à l’âge adulte. (...)
En résumé, l’influence des facteurs génétiques sur l’intelligence est un fait incontestable. Mais parallèlement, plus l’on fournit à un enfant des conditions favorables à son développement intellectuel, plus la part de ce déterminisme génétique se restreint.
Jacques Lecomte, « Intelligence, gènes,environnement», Sciences humaines, n° 54, octobre 1995
Remarque : Quotient intellectuel (QI.) : Le QI. est le rapport entre l’âge mental et l’âge réel d’un individu multiplié par 100. Par construction, le QI. moyen de la population est égal à 100. Les tests de QI. ont suscité un vaste débat, en particulier en raison de la difficulté à définir ce qu’est l’intelligence.

Document n°2 : l’enfant chienJusqu’à l’âge de quatre ans, le petit Horst-Werner a été élevé par une chienne berger allemand nommée Asta : quand les policiers l’ont découvert, début mars, dans la maison de Mettmann (près de Düsseldorf) où ses parents le laissaient souvent seul, 1’ «enfant sauvage» aboyait, reniflait et dormait comme un chiot.
C’est le grand-père de Horst-Werner qui a donné l’alerte. Les policiers de Mettmann onttrouvé le petit garçon nu, couché sur une couverture contre la chienne, rongeant avec elle un os de poulet.
«La maison était totalement laissée à l’abandon. Il y avait des excréments partout, sur le sol, sur les murs. Dans la chambre d’enfant, une couverture sale, des restes de nourriture par terre», raconte un fonctionnaire de la police judiciaire. En revanche, les mains et le visage de l’enfantsauvage étaient très propres. «La chienne les lui nettoyait en le léchant», dit le procureur, M. Rosenbaum. «C’est elle qui a élevé et protégé le petit garçon», ajoute-t-il.
A la clinique pour enfants de Düsseldorf où il a été emmené, Horst-Werner continue de dormir sur le ventre, la tête posée entre ses bras qu’il allonge devant lui. Le seul mot qu’il sache prononcer est «Asta». Il repousse...
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