Culture pour tous versus culture pour chacun

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  • Publié le : 22 décembre 2011
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Introduction
L’article « Le glas de la culture pour tous »est paru dans le Télérama n°3174, daté du 11 novembre 2010 et est écrit par David Conrod, rédacteur en chef adjoint chargé des arts et des scènes.
C’est une critique ouverte sur un programme d’actions lancé par le Ministère de la Culture, écrit par le conseiller Francis Lacloche, conseiller du cabinet de Frédéric Mitterrand.
Ceprogramme s’intitule « Culture pour chacun » et comme le souligne David Conrod dans son titre, « Le glas de la culture pour tous », cet article nous propose une vision antagoniste entre Culture pour Chacun et Culture pour tous. En effet, le glas étant un mot assez caricatural désignant une sonnerie de cloche qui tinte, pour annoncer l’agonie ou la mort d’une personne, la vision développée par lejournaliste - qui joue en même temps sur le nom du conseiller -se rapprocherait donc de la fin de la Culture Pour Tous. L’est-ce vraiment ?
Nous essaierons d’amener une lumière sur cela en reprenant les propos du journaliste énoncés dans l’article que nous confronterons à ceux du conseiller. Nous les développerons sous trois aspects, la remise en question de la Culture Pour Tous, la Culture Pour Chacunqu’il veut valoriser et la confrontation des deux.



1. La remise en question de la Culture pour tous
Dans son article David Conrod souligne le fait que ce programme d’actions suit une idée énoncée par Malraux lors d’un de ses discours à l’Assemblée Nationale daté du 27 octobre 1966, dans lequel le ministre « oppose « la culture pour tous à la soviétique », à la « culture pour chacun »qui permet à tout citoyen d’ « obtenir ce à quoi il a droit » ». Il rajoute que cette situation est caricaturalement sortie de son contexte par le cabinet du ministre qui en fait son cheval de bataille.
C’est en effet ce qui est annoncée dès les premières lignes de ce programme d’actions, la partie intitulée « l’héritage de la démocratisation culturelle », commence par :
« Le 27 octobre 1966,André Malraux s’adressait aux députés de l’Assemblée Nationale en leur annonçant son ambition de dépasser la culture pour tous à laquelle il avait consacré une large partie de son action politique et d’œuvrer désormais à une culture pour chacun. Il ajoutait : « Dans l’un des cas, il s’agit, en aidant tout le monde, de faire que tout le monde aille dans le même sens, dans l’autre cas il s’agit, que tousceux qui veulent une chose à laquelle ils ont droit puissent l’obtenir. Je dis clairement nous tentons la culture pour chacun. »
C’est sur ces mots donc que s’ouvre ce projet de programme d’actions. Malraux étant un symbole fort dans les politiques culturelles, il se peut que le cabinet en ait profité pour crédibiliser cette démarche. Cependant si l’on remet les choses dans leur contexte,Malraux dans cette idée de Culture pour chacun parlait de l’augmentation de ses maisons de la Culture, et qu’il envisageait d’en ouvrir une par département. C’était une idée qui amenait alors une raison concrète derrière, déjà établie, il voulait tout simplement que l’on débloque une part du budget pour son projet , chiffré comme « l’équivalent de 25km d’autoroute ».
Ici, la raison qui amène à cechangement prend une toute autre signification, elle est énoncée un peu plus loin par Francis Lacloche pour terminer son paragraphe d’introduction :
« Aux réalisations nombreuses et variées qu’a rendu possible la reconnaissance de la culture comme objet à part entière du champ citoyen par la création d’un ministère qui lui est consacré s’oppose le constat du résultat décevant des politiques dedémocratisation culturelle, tel que le dresse la dernière enquête décennale sur les pratiques culturelles des Français. »
Comme le souligne David Conrod dans son article, pour résumer, c’est un « constat sans nuance : l’échec de la démocratisation culturelle ».
Et il a plutôt raison, le cabinet du ministre pointant ainsi l’échec de la démocratisation en s’appuyant sur les résultats énoncés...
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