Culture

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  • Publié le : 7 mai 2010
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UN NOUVEL OPéRA

Le Péristyle

L’Opéra de Lyon reconstruit par Jean Nouvel, inauguré en 1993, fait aujourd’hui partie du patrimoine architectural international. En terme d’architecture théâtrale, c’est une des plus belles réussites de la seconde moitié du XXe siècle. Jean Nouvel établit un “dialogue entre histoire et modernité“, capitalisant sur les espaces, multipliant les volumes,intégrant les quatre murs d’origine et le foyer du public dans un bâtiment résolument contemporain. Respectant le périmètre préexistant du théâtre, il a su faire naître un outil de travail large et efficace. L’Opéra de Lyon se fait théâtre dès l’entrée du public, invité à un parcours qui est spectacle en soi. Des escaliers – mécaniques ou non – donnent accès à la salle ; dans cette ascension, le spectateurdécouvre des jeux de volumes, de lumières, de reflets colorés. L’immense coque suspendue noire de la salle est une œuvre plastique singulière qui forme un très beau contraste avec les stucs, les ors et les fresques du foyer du public, souvenir de l’édifice tel qu’il existait au XIXe siècle.

Et, si l’on descend les deux grands escaliers de marbre noir brillant, on découvre l’Amphithéâtre, unespace scénique complémentaire de la grande salle, espace de recherche, d’ouverture et d’échange. L’Opéra de Jean Nouvel cite allusivement les couleurs classiques du théâtre, le rouge et l’or. Le noir, couleur dominante de la salle, permet la concentration du regard sur la scène et invite au théâtre. L’Opéra de Lyon est un chef-d’œuvre au service des chefs-d’œuvre. Sa modernité nous rappelle combienl’opéra, la musique, la danse doivent rester des arts contemporains. Serge Dorny
Directeur général de l’Opéra national de Lyon

L’Opéra entre le Rhône et la Saône
© F. Guy/ Agence d’Urbanisme de Lyon

UN NOUVEL OPéRA

Il y a trois siècles et demi que Lyon abrite un opéra. Naissant en Italie en 1607 avec L’Orfeo de Claudio Monteverdi, le genre lyrique donne très vite lieu à desreprésentations à Lyon, dans des salles de jeu de paume du quartier des Terreaux ou sur les places Bellecour et Saint-Jean. Le premier théâtre est édifié en 1756 par Soufflot, architecte de l’Hostel-Dieu à Lyon et du Panthéon à Paris. Mal entretenu, ce théâtre est remplacé en 1831 par un nouvel opéra, de style néo-classique, imaginé par les architectes Chenavard et Pollet. Au début des années 1980, avec letravail de Louis Erlo, la fréquence des spectacles et la place prépondérante du travail de mise en scène nécessitent de nombreuses répétitions, assurées par des équipes artistiques et techniques de plus en plus importantes. Parallèlement, la municipalité souhaite se doter d’un bâtiment, vitrine de la ville, qui hisse son opéra au niveau international. Vétuste, l’Opéra doit être rénové. Un concoursd’architecture est donc lancé et remporté en 1986 par Jean Nouvel, qui réhabilite le théâtre dès 1989. Le nouvel Opéra de Lyon est inauguré en mai 1993.

De l’ancien édifice du 19e siècle sont préservés les quatre murs de façades et le foyer du public. A l’intérieur de cette enveloppe originelle évidée, un nouveau bâtiment de dix-huit niveaux est érigé, offrant un volume trois fois plusimportant qu’auparavant. Compte-tenu des contraintes urbaines du site, cinq niveaux sont construits en sous-sol, les six derniers s’inscrivent dans une verrière demi-cylindrique posée sur les façades du théâtre pré-existant. La grande salle de spectacle est agrandie, l’amphithéâtre et trois salles de répétition sont créés, répondant ainsi aux exigences d’un théâtre moderne.

L’Opéra après rénovationA l’intérieur, l’architecte théâtralise les espaces publics avec un camaïeu de noirs profonds ou brillants, qui laissent découvrir ou deviner les perspectives ou volumes, et l’utilisation de symboles liés au voyage maritime. Le bâtiment joue avec la lumière. Ainsi les parois de verre créent la transparence ou réfléchissent les espaces, le noir confond les contours, la verrière s’embrase la...
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