Cyrano de bergerac acte iii scene 10

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  • Publié le : 8 mai 2011
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Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (Acte III, scène 10)

Cyrano de Bergerac, publié au XIXème siècle, par Edmond Rostand, place son action à Paris au XVIIème siècle. Cette pièce de théâtre traite de l'Amour impossible entre Cyrano, handicapé par une proéminence nasale, et la belle Roxane qui ne brûle d'amour que pour Christian. Dans cette scène, Cyrano, résigné, choisit de sacrifier son amouret de venir en aide à son rival. Se faisant passer pour lui, il tente de séduire Roxane, sa cousine, qui ne se doute évidemment pas du subterfuge et pense que Christian trouve soudainement les bons mots pour lui traduire ses transports amoureux.
On peut se demander quels sont les différents aspects de la relation entre ces trois personnages. Cette scène est caractérisée par deux thèmes trèsforts qui s'en dégagent : l'Amour qui devient un hymne à la femme aimée et le climat mensonger duquel Cyrano de Bergerac drape ses paroles pour mieux séduire Roxane.

L'Amour est bien sûr le pilier central de cette pièce et notamment de cette scène qui prend une tournure inattendue. Cyrano accepte de jouer le rôle de Christian, son rival pourtant. Pour séduire l'objet de son coeur il tente, enpremier lieu, de la sublimer.
Devant la déception apparente de Roxane aux efforts oratoires de Christian, Cyrano tente de la séduire par divers procédés. L'usage d'alexandrins en est bien sûr un, car il enveloppe ses propos de noblesse et solennité, mais Cyrano prend aussi soin d'ajouter à ses vers des compliments très imagés pour capturer le coeur de Roxane. La femme aimée joue donc des rôles trèsdifférents à mesure que Cyrano la complimente : "une communion ayant un goût de fleur" (v 19) en est un exemple. Il ne la considère plus en tant que femme mais la sanctifie habilement. Ce terme peut aussi bien évoquer le partage amoureux entre deux amants qu'un amour emprunt de religion, qui serait alors de la vénération pour une femme devenue déesse. Roxane, qui n'est apparemment pas de lignéenoble, gagne un tel titre à la ligne 27. Cyrano, évoquant sous le masque de Christian, les souffrances qui l'ont torturé, se compare à Buckingham, un duc anglais, amoureux de la reine de France. Il évoque donc, d'une part, l'Amour incroyable qui l'anime mais il dépasse la comparaison avec le duc pour l'assimiler sans détour à la reine : "j'adore comme lui la reine que vous êtes". Flatter l'ego deRoxane, lui prouver qu'elle est unique, voilà le but de Cyrano. Séduite, Roxane se déclare elle-même être une "fleur sans pareille", faisant écho à l'abeille du vers 18 et à la communion au goût de fleur au vers 19. La reprise de cette métaphore filée prouve que Roxane a écouté le discours de Cyrano dont l'expression des sentiments est exacerbée, complétant ainsi parfaitement l'éloge à Roxaneprésente dans les vers de celui-ci.
Comme toute déclaration amoureuse, celle de Cyrano est caractérisée par un lyrisme porté à son apogée, dans le but premier de traduire les élans éprouvés pour sa bien-aimée. Ainsi, Cyrano de Bergerac choisit-il de réciter des vers, en alexandrins de surcroît, vers "nobles" par excellence, qui n'ont ainsi que plus de puissance. On retrouve dans cette scène le registrelyrique, caractérisé par des exclamations et des interrogations sous la forme de questions rhétoriques. Ces procédés ne visent qu'à prouver la ferveur de ses sentiments amoureux et la difficulté qu'il éprouve à les refouler devant l'être aimé. D'autre part, Cyrano en habile poète qu'il est, utilise le champ lexical de l'amour et du bonheur ("baisers", "brûle", frisson"). Cependant, il leurconfère, aux termes utilisés, une force incomparable. Le baiser brûle les lèvres et il traduit ainsi son amour par le topos de l'amour flamboyant... il compare leur relation présente aux badinages amoureux, frivoles, et bien loin de la passion qui l'habite maintenant. Les caractéristiques raccrochées à l'Amour sont toutes très fortes. Il évoque les larmes, le frisson, l'épouvante ou le sourire qui ne...
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