Décrochage scolaire

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Par le passé, la menace de l’assimilation des Canadiens-Français provenait de sources extérieures comme la Couronne d’Angleterre ou encore, par la suite, les gouvernements fédéraux et provinciaux. Aujourd’hui, ces pressions laissent place à d’autres qui proviennent cette fois-ci d’une source interne, laquelle est difficile de cerner et encore plus obscure lorsqu’il s’agit de trouver dessolutions. Cette menace se trouve au cœur des choix des jeunes Franco-Ontariens eux-mêmes qui décident de leur propre gré de délaisser leur langue maternelle pour faire place à l’anglais non seulement pour les échanges verbaux au quotidien mais aussi pour la langue qu’ils élisent dans la poursuite de leurs études et de leur carrière. Ce phénomène nommé décrochage linguistique consiste en un transfert delangue d’usage au détriment de la langue d’une minorité linguistique et au profit de celle du groupe linguistique majoritaire. Dans le présent travail, il sera tout d’abord nécessaire de cerner les causes et conséquences de ce phénomène pour ensuite être en mesure élaborer quelques solutions qui pourront palier ses effets au sein des communautés franco-ontariennes dans un but de conservationculturelle.
Le décrochage linguistique est une réalité inquiétante du système scolaire franco-ontarien. En janvier 2003, le Ministère de l’Éducation de l’Ontario indique une différence de 37% entre les inscriptions aux écoles élémentaires de langue française et celles des écoles secondaires de langue française, une perte nette d’effectifs au profit du système anglophone . Plusieurs études se sontpenchées sur les causes de ce décrochage, notamment celles de Cindy-Lynne Tremblay et de Gratien Allaire de l’Institut franco-ontarien de l’Université Laurentienne de Sudbury.
La première cause identifiée par les auteurs de ces études est le phénomène de décrochage culturel qui touche la communauté franco-ontarienne dans son ensemble. En effet, minoritaires dans une société américanisée, lesfranco-ontariens s’identifient de moins en moins à leur culture d’origine. Ce phénomène est d’autant plus marqué chez les jeunes qui font les frais de l’ « uniformisation linguistique et culturelle » constatée à l’échelle mondiale . Les jeunes se retrouvent davantage exposés, culturellement et linguistiquement, à des influences anglophones. Ainsi, l’adolescent dont les amis, les activités, lesémissions de télévision, les jeux vidéos sont anglophones questionne l’utilité d’apprendre le français, puisqu’il ne ressent jamais le besoin de s’en servir. Il en arrive même à développer une certaine gêne d’être francophone puisque, bien souvent, le prestige de la langue maternelle n’est pas véhiculé par son environnement immédiat . Le décrocheur culturel a donc perdu sa fierté d’être francophone. Lelien affectif avec la culture d’origine étant brisé, la scolarisation en français est vue comme un effort inutile et non comme un enrichissement.
En effet, l’étude de l’Institut franco-ontarien souligne le fait que pour bon nombre de décrocheurs culturels et linguistiques, les études en français sont jugée plus exigeantes. Un des jeunes interviewés avoue : « Well, j’aimerais avoir un diplômefrançais, mais c’est plus difficile » . Cette réponse nous amène à la deuxième cause du décrochage linguistique, à savoir le problème de la maîtrise de la langue. Selon le recensement de 1996, plus d’un franco-ontarien sur trois parle l’anglais à la maison . Cette réalité s’explique par plusieurs facteurs.
Le premier facteur est la sous-exposition à la langue française dans la vie quotidienne dansun contexte minoritaire. Pourquoi parler une langue qui n’est pas indispensable à la survie? Cette situation va d’ailleurs en s’aggravant, le poids des francophones en Ontario ne cessant de décliner. Si l’Ontario est la province canadienne qui accueille le plus d’immigrants, elle n’attire en revanche qu’une minorité de francophones, la majorité d’entre eux choisissant le Québec comme province...