Désir

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  • Publié le : 3 juin 2009
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Faut-il lib'rer le d'sir ou se lib'rer du d'sir?

(Introduction)

Le d'sir se d'finit comme la recherche d'un objet que l'on imagine ou sait 'tre source de satisfaction. Si nous le d'sirons c'est parce qu'il nous fait d'faut et que cette absence g'n're en nous une souffrance. Aussi semble-t-il naturel pour celui qui veut atteindre le bien-'tre, le bonheur de satisfaire ses d'sirs. D'ailleursle d'sir semble 'tre le meilleur moteur qui pousse l'homme ' agir, ' se surpasser afin d'obtenir une satisfaction, quelconque soit cette derni're. En m'me temps, cette course pour l'obtention de l'objet d'sir', peut prendre la forme d'une passivit', d'une d'pendance o' l'homme n'est plus ma'tre de lui, est capable de tout sacrifier pour satisfaire son manque, manque qui ne trouve jamais desatisfaction puisqu'' peine assouvi, le d'sir rena't en se concentrant sur un nouvel objet. D's lors, nous pouvons nous demander s'il faut laisser libre-cours au d'sir, satisfaire tous ces d'sirs, en ce sens qu'il est la force de l'activit' humaine sans laquelle il semble qu'aucune r'alisation ou bonheur ne soient possibles, ou au contraire faut il y renoncer puisqu'il fonctionne en nous comme uneforce aveugle o' naissent l'inqui'tude, le risque d''puisement, de frustration, de d'pendance et parfois voire de maladie. Autrement dit faut-il lib'rer le d'sir ou se lib'rer du d'sir? Le bonheur de l'homme pet il s'accomplir dans le d'sir ou dans son refus? Nous verrons que si le d'sir est bien un r'servoir de force et d''nergies seules susceptibles de satisfaire l'homme, alors le lib'rerconstituerait un acc's ' son d'veloppement et ' son bonheur. N'anmoins, l'ambigu't' du d'sir consiste en ce qu'il est aussi bien plaisir que manque, activit' que passivit', espoir que d'sespoir, et dans tous les cas l'homme est prisonnier de cette tendance qui l'emporte malgr' lui. Alors mieux vaut s'en lib'rer afin d''viter la souffrance contraire ' la qu'te du bonheur. Mais ce choix face ' l'attitude 'adopter par rapport au d'sir ne nous enferme-t-elle pas dans une alternative du tout ou rien, qui dans les deux cas rend impossible tout v'ritable bonheur? N'est-ce pas plut't dans la ma'trise des d'sirs que l'homme peut trouver son 'panouissement?

(I. Pourquoi laisser libre-cours au d'sir?)

Si l'homme d'sire, c'est parce qu'il n'est pas parfait ni auto-suffisant. S'il l''tait il n'auraitpas besoin d'aller chercher en dehors de lui ce qui lui est n'cessaire pour assurer son existence. Or, l'homme est un 'tre de manque et le d'sir constitue cette tendance naturelle qui le pousse vers un objet qu'il imagine pouvoir le satisfaire. C'est ainsi que dans l'Ethique, Spinoza d'finit le d'sir comme un 'effort pour pr'server sans son 'tre', c'est-'-dire ce qui lui permet non seulement desurvivre mais d'accro'tre sa puissance, de d'velopper toutes ses potentialit's. L'homme ne peut donc s'emp'cher de d'sirer et il le peut d'autant moins qu'il vit au sein du monde o' interagissent les corps dont il est affect' et sont autant de sollicitation pour lui (les autres hommes et tous les biens propos'e par la soci't').
Lorsque l'homme parvient ' poss'der l'objet d'sir', il en obtient unesatisfaction, qui se ressent dans des sentiments positifs que ce soit le plaisir sensuel, la joie, le bien-'tre ou l'estime de soi. Tout sentiment qui contribue au bonheur. Le bonheur se d'finit d'ailleurs comme satisfaction des d'sirs. Nous pouvons d's lors comprendre le discours de Callicl's dans Gorgias de Platon pour qui le mode de vie ' adopter est celui qui consiste ' mettre toute sonexistence toute son intelligence et son courage au service de la satisfaction des d'sirs. Et si le d'sir est en m'me temps manque et peut-'tre tristesse ou sentiment d'impuissance lorsqu'il n'est pas satisfait, l'on peut remarquer que nous ne pouvons prendre conscience du bonheur que lorsque nous avons souffert, et que les privations, le labeur que g'n're la qu'te d'un d'sir font partie de l'existence...