Damilaville, article "paix"

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  • Publié le : 14 juin 2011
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Etienne-Noël Damilaville
Extrait de l’article « Paix » de l’Encyclopédie

(Introduction)

L’article « Paix » a été écrit par Etienne-Noël Damilaville et publié en 1765 dans l’Encyclopédie, projet visant à rassembler toutes les connaissances acquises à l’époque mais également à diffuser une contestation issue des nouvelles idées du siècle des Lumières. Depuis le célèbre épisode destroglodytes jusqu’au chapitre III de « Candide » et de l’article « Guerre » du dictionnaire philosophique de Voltaire, la guerre reste un sujet courrant pour les philosophes des lumières. Il s’agit de faire remarquer ses conséquences sur l’économie et la démographie d’un pays. Damilaville suspend la marche du progrès et dénonce dans cet article à visée didactique les effets destructeurs de la guerre et sescauses politiques liées aux ambitions de ceux qui gouvernent. Cela s’explique par le contexte historique du XVIIIe siècle qui aura bercé l’auteur tout au long de sa vie sous le règne du roi Louis XV. Par la suite de la guerre de 7 ans (1756-1763), la France est touchée par de nombreux problèmes financiers et perdra une grande partie de son empire colonial au profit de l’Angleterre. Hautfonctionnaire des finances royales et grand ami de Voltaire, Etienne-Noël Damilaville est également l’auteur de l’article « Population » de l’Encyclopédie. Le titre « Paix » est ici prétexte pour évoquer la guerre, montrant par ce choix à quel point les deux notions ne peuvent se définir que l’une par rapport à l’autre.
Nous étudierons donc la comparaison entre la paix et la guerre que nous offreDamilaville grâce à un parallélisme dans cet article argumentatif inscrit dans le registre polémique les problèmes posés par l’absence de la paix : dans un premier plan l’exposition de la thèse, la guerre est un fruit de la dépravation des hommes alors que la paix est censé être leur état naturel, puis dans un second plan l’hypothèse que l’homme serait gouverné par sa raison et promouvrait la paix, etenfin l’antithèse illustré d’exemples historiques, qui dément l’hypothèse avancée précédemment.

(Premier paragraphe : exposition de la thèse)

Le premier paragraphe de l’apologue « Paix » sert d’exposition de sa thèse à Etienne-Noël Damilaville, dans laquelle il dénonce l’arbitraire, l’horreur et les dévastations causées par la guerre, la manière dont sont bafoués les droits les plus élémentairesdes populations civiles. Il est composé de deux parties distinctes voire opposées puisqu’il contient une thèse et une antithèse. La guerre est associée à un fruit que la dépravation des hommes aurait engendré, comme si elle résultait du péché humain. Le paragraphe est construit sur un double jeu d’oppositions guerre/paix à partir d’une métaphore filée qui fait de la guerre une maladie (l2 « c’estune maladie convulsive et violente ») et de la paix un état d’équilibre et de bonne santé (l 3 «il n’est en santé, c’est dire dans son état naturel… »). Le mot « corps politique » évoque la société depuis l’Antiquité, l’utilisation du mot « corps » légitime le vocabulaire médical (« santé », « vigueur », « membres », « plaies », « guérir »). On devine une détérioration de la nature humaine, nonportée originellement à détruire par la violence et la destruction, à travers la présentation de la guerre comme une maladie pouvant conduire à la mort, et dont certaines caractérisations comme « convulsive » et « violente » soulignent le caractère incontrôlable et imprévisible. Une articulation centrale (« la guerre au contraire ») fait apparaître les désastres de la guerre. Le paragraphe entierest construit à partir des deux notions antithétiques que Damilaville oppose en valorisant de façon allégorique la paix, qu’il envisage comme le bonheur et le but de toute société, par rapport à la guerre, qui occasionne la perte d’une multitude des membres d’une nation. Damilaville associe dans une autre métaphore la nation à un corps dont les victoires de guerre auraient causé de profondes...
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