Dans quelle mesure peut-on dire que le désir est consommé symboliquement par les gestes et la parole de phèdre chez racine et sénèque ? dans quelle mesure peut-on parler d’obscénité pour caractériser la passion de phèdre ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2081 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Traitement en une seule dissertation des deux questions de synthèse : Dans quelle mesure peut-on dire que le désir est consommé symboliquement par les gestes et la parole de Phèdre chez Racine et Sénèque ? Dans quelle mesure peut-on parler d’obscénité pour caractériser la passion de Phèdre ?

Méthodologie :
Comme les exposés présentés en classe : intro, problématique, plan bien construit, sansune annonce aussi détaillée, par contre, et conclusion après développement. Dans le développement, panachage d’exemples précis avec citations et perspectives plus générales concernant tout un pan de l’œuvre (scène, acte), la progression de l’action, etc.
2 auteurs (3 pour le 2e DST) donc : surtout pas de parties consacrées à UN auteur : il faut que chacune de vos grandes parties parle bien des 2ou 3 et problématise les rapports de ces œuvres entre elles. Penser pour spécifier et nuancer au style de l’auteur, à l’esthétique privilégiée, au contexte culturel, etc.

Intro :
Histoire de P : amour coupable et impossible (donc pas de réalisation concrète) mais désir s’exprime par la voix, les attitudes, par lesquelles P met en scène son désir d’H et trouve un substitut à la réalisationimpossible de sa passion vénérienne.
 Stratégie verbale et gestuelle de l’héroïne
A la différence de la pièce de SK, où l’esthétique du « in yer face theater » autorise la mise en scène de scènes érotiques, voire obscènes, les pièces de Sénèque et, a fortiori, de Racine, répondent à des principes esthétiques et éthiques qui proscrivent l’expression physique, frontale du désir.
 Stratégieverbale et scénique (au sens large) des auteurs : biais pour exprimer la fureur de ce désir ardent par la beauté de l’image, ou de l’attitude => contrainte prolifique, stimule la création verbale et exploite les potentialités scéniques.

Problématique : Le drame de la passion de P : exacerbation du désir et conscience de la faute : contraste dramatique entre la honte et l’exhibition, la pudeur etl’obscénité. Beauté trouble du mythe de P : pièce irradiée par la passion coupable qui rayonne dans les gestes et la parole de l’héroïne. L’agôn de l’héroïne, prise entre le désir d’exprimer sa passion et l’impératif du refoulement donne lieu, sur le plan de l’écriture, à une esthétique mêlée, entre exhibition et détournement.

I) Les deux pôles de la réalisation et de la rétention

A) Tensionentre pudeur et honte au cœur d’une tragédie de l’aveu

Tragédie de P = structurée autour de l’aveu : or, au centre de l’aveu : une dramatique de l’obscénité : parole obscène car expose la souillure : mots souillés, mots honteux : besoin de l’expression mais expression coupable. Parole torturée, qui oscille entre mutisme prostré et expression libératrice mais exposante. Double polarité : dolor /furor : complication de l’expression du désir. La culpabilité à l’origine de la passion donne lieu à un entretien de l’ambiguïté dans la parole de l’aveu. Cf scènes d’aveu de P à la nourrice + P à H. Vues en classe.

B) Le drame douloureux du regard convoqué et répudié
=> Exhibition et honte : convocation paradoxale du regard de l’être aimé. Le PB de la pudeur chez R : p.51 : v.692 : « Si tesyeux un moment pouvaient me regarder (…) ». Regard d’H convoqué : mais immédiatement après, sursaut de honte « Que dis-je ? » (v.693). Jeu de regard sur scène double jeu de la parole : tension entre les personnages : multiplicité de fils tissés par les mots et les regards. Tension au cœur de dynamique désirante : donne lieu à figure de style racinienne : le parallélisme oxymorique. Goût duparadoxe : force expressive et stylistique : la parole de la contradiction. p.31 : le cœur et les mains. (I, 3) v.221-222 : « Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles. / Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles. »

C) L’exposition douloureuse de l’héroïne, rendue par l’isotopie de l’éclat et des ténèbres et par la situation scénique qui exacerbe la concentration des regards...
tracking img