Dans un apologue, le récit prime-t-il sur la morale ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2558 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 23 mai 2009
Lire le document complet
Aperçu du document


Convaincre, Persuader, Délibérer

Question : En quoi ces trois textes argumentatifs s'appuient-ils sur un registre comique ?

Le corpus de textes présent nous propose l'étude de trois documents, tous unis par un même but : convaincre et persuader le lecteur. Ces trois textes, un extrait des “ Confessions ”, de Jean-Jacques Rousseau, prestigieux philosophe des Lumières, un autre de“ Jacques et le Fataliste ”, de Denis Diderot, autre philosophe de Lumières, et enfin, un poème de Raymond Queneau, “ Le peuplier et le roseau ”, auteur bien plus moderne, sont en effet des textes argumentatifs, s'appuyant chacun sur un registre comique. On peut retrouver plusieurs similitudes dans les divers procédés utilisés par les auteurs des textes, bien que chaque texte s'appuie plusparticulièrement sur un comique différent.
Le comique employé sans exception dans chacun des textes, dont un plus particulièrement, où il y est poussé de manière fantasmagorique est le comique de langage. On retrouve en effet de nombreux jeux de mots, tel “ Cette personne si dédaigneuse daigna ”, dans le texte de Rousseau ou un niveau de langage familier (voire vulgaire), principalement dans le texte de Queneau: “ l'arbre se casse la gueule ”. Mais, c'est dans le texte de Diderot que ce comique de langage est poussé le plus loin, grâce à son extraordinaire métaphore filée, du début à la fin, pour parler de sexualité. Diderot compare effectivement le “ coutelet ”, se logeant dans la “ gaine ”, aux hommes et aux femmes, de manière parfois peu subtile afin de donner un effet de connivence avec lelecteur., notamment avec la phrase “ Coutelet, ne voyais-tu pas que Dieu te fit pour aller à plusieurs Gaines ; et toi, Gaine, pour recevoir plus d'un Coutelet ”, le sens de “ recevoir ” pouvant être interprété de différentes manières.
Les deux autres textes présentent de plus un comique de situation, très développé dans le premier, l'extrait des “ Confessions ”, où un valet, un serviteur ridiculise denobles personnages : “ Tout le monde me regardait et se regardait sans rien dire, on ne vit de la vit un pareil étonnement ”, se faisant passer pour cultivés tout en étant très ignorants. Par ce comique de situation, Rousseau dénonce également son mépris pour la société, qui cherche simplement à paraître (“ que toute la table s'empressa de faire chorus ”), pour qui le regard d'autrui compte bienplus que le sien. Le comique de situation est de même très développé au cours du texte, en jouant sur le “ renversement de situation ” et plus tard celui de “ renverser son verre ”. Dans le poème “ Le peuplier et le roseau ”, le comique de situation est développé par le fait qu'il s'agisse d'un réécriture de la très célèbre fable “ Le Chêne et le Roseau ”, de Jean de La Fontaine, qui écrivitd'innombrables apologues, tous plus célèbres les uns que les autres. Dans le poème de Queneau, la morale de la fable de La Fontaine est inversée, le rosant gagnant, mais sans gloire : “ amère amère victoire le roseau qui n'a pas bougé ne retirera aucune gloire de s'être immobilisé ”. La réécriture, qui rappelle tout du long au lecteur la plus célèbre fable et plus encore l'inversion de cette fable faitfort sourire, et on pourrait d'ailleurs même la classer dans un “ comique de réécriture ”.
Ces trois textes s'appuient donc chacun sur un registre comique, le premier utilise principalement un comique de situation, le deuxième de langage et le troisième de situation ou de réécriture.

Dissertation :

L'apologue, discours narratif à visée argumentative et didactique, souvent rédigé en proseou en vers ne date pas d'hier. On le retrouve en effet jusque dans l'antiquité, sous forme de fables chez les Grecs et de vers chez les Romains. Les apologues sont constitués tout d'abord d'un court récit, très souvent imaginaire et utilisant des allégories pour déboucher ensuite sur la chute de ce récit et une morale. On peut dès lors se demander si, dans un apologue le récit prime sur la...