De la liberté

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  • Publié le : 12 octobre 2009
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De le liberté
un des textes fondateurs de la démocratie libérale
Mill écrit dans le contexte d’une Angleterre dominée par les idées des utilitaristes. Pour Mill, les plaisirs ne se valent pas tous, certains doivent être désirés plus que d’autres[3]. Il préfère les plaisirs de l’esprit à ceux du corps. Ainsi, il adopte la vision de Humboldt sur le bonheur de l’homme : « …le développement leplus large et le plus harmonieux de toutes ses facultés en un tout complet et cohérent. »[4]

La démocratie amène son lot de problèmes et le plus sérieux est sûrement, pour Mill, la tyrannie de la majorité / la tyrannie de l'opinion publique. Lorsque le gouvernement est représentatif, le peuple n’a plus à se prémunir contre lui. Le problème change de source, c’est maintenant de la société que lesindividus doivent se protéger:

« Se protéger contre la tyrannie du magistrat ne suffit donc pas. Il faut aussi se protéger contre la tyrannie de l’opinion et du sentiment dominants, contre la tendance de la société à imposer, par d’autres moyens que les sanctions pénales, ses propres idées et ses propres pratiques comme règles de conduite à ceux qui ne seraient pas de son avis. Il faut encorese protéger contre sa tendance à entraver le développement – sinon à empêcher la formation – de toute individualité qui ne serait pas en harmonie avec ses mœurs et à façonner tous les caractères sur un modèle préétabli. Il existe une limite à l’ingérence légitime de l’opinion collective dans l’indépendance individuelle : trouver cette limite – et la défendre contre tout empiètement éventuel – esttout aussi indispensable à la bonne marche des affaires humaines que se protéger contre le despotisme politique. »[5]

= éviter toute tyrannie de l’opinion ou du sentiment dominants pour favoriser la formation et le développement de l’individualité et la bonne marche des affaires humaines.
En d’autres mots, un moyen pour que l’homme puisse vivre libre (nous verrons par la suite que la libertéest un moyen d’atteindre le bonheur chez Mill) et pour que la société puisse progresser. Il trouvera la solution de ce problème en limitant les droits collectifs sur l’individu, en élaborant une série de libertés fondamentales qui ne peuvent être transgressées par la collectivité. C’est l’objet de On Liberty :

« L’objet de cet essai est de poser un principe très simple, fondé à réglerabsolument les rapports entre la société et l’individu […]Ce principe veut que les hommes ne soient autorisés, individuellement ou collectivement, à entraver la liberté d’action de quiconque que pour assurer leur propre protection. […]Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est,de droit, absolue. Sur son corps et son esprit, l’individu est souverain. »

Le développement de l’essai servira à montrer comment cette limite est bénéfique à l’individu et à la collectivité et comment la tyrannie fait régresser les hommes comme la société. Les arguments de Mill visent à exposer de quelle façon les libertés fondamentales (penser, expression, association) sont profitables à lamarche d’une collectivité vers le progrès et de l’homme vers le bonheur. En fin de parcours, l’essai traite de comment on doit délimiter ce qui doit être affaires collectives et affaires individuelles.

Le chapitre II: dans l’état où l’humanité est capable de s’améliorer d’elle-même, c’est par la libre discussion qu’elle sera capable de trouver la vérité. La diversité n’est possible qu’avec laliberté de discussion. Dans l’optique qu’une société marche vers le progrès, la diversité issue de la liberté permet à la collectivité de croître au lieu de s’arrêter face à l’absence d’opposition :
« Dès qu’il n’y a plus d’ennemi en vue, maîtres et disciples s’endorment à leur poste. »[9]
Voici donc l’argument de Mill : la liberté de discussion et de penser permet à la société de progresser...