Delinquance

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  • Publié le : 7 juillet 2010
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CHAPITRE 3 DELINQUANCE : QUELLE ETENDUE, QUELLES CAUSES, QUELS ACTEURS ?

Ce chapitre décrit les représentations sociales associées à l’étendue, aux causes et aux acteurs des délits et des crimes. Il s’agit donc de saisir les principales façons de percevoir et d’expliquer comment les mentalités représentent la délinquance. De ce point de vue, quatre questions se posent : 1) A quel niveau sesitue le sentiment d’insécurité tant concernant la crainte associée à l’espace public que concernant l’estimation du risque personnel de victimisation ? 2) Comment l’évolution à moyen terme des crimes et délits est-elle perçue ? A-t-on le sentiment d’une dégradation sensible de la situation dans les années récentes, d’une relative stabilité du nombre de délits commis, voire d’une amélioration de lasituation pour certains types de délits ? 3) Comment explique-t-on la délinquance ? Fait-on appel à des explications d’ordre économique (le manque de ressources, la crise..), d’ordre moral (la perte des valeurs), voire d’ordre institutionnel (la démission ou le manque d’efficacité des institutions judiciaires et policières) ? 4) Comment délits et délinquants sont-ils perçus ? La populationcriminogène est-elle en général considérée comme très spécifique, constituée, par exemple, essentiellement de drogués, de jeunes, d’étrangers, ou au contraire y a-t-il diffusion, dans les mentalités contemporaines, de la perception de la délinquance vers d’autres catégories ? De même, a-ton affaire essentiellement à des petits délits ou la part des homicides et des délits sexuels estelle importante ?Finalement, comment explique-t-on que certains individus passent à l’acte, deviennent des délinquants ? Pour enrichir ce questionnement, on peut rapporter les réponses à l’insertion sociale des personnes interrogées. Ainsi, nous ferons l'hypothèse que le niveau de pouvoir socioéconomique des personnes modèle leurs représentations dans ces quatre domaines. Il en va de même de leur orientation politiqueet de leur exposition différentiée aux médias. Après avoir décrit les représentations sur ces quatre dimensions, on s’intéressera donc aux variables de 58

positionnement social susceptibles de les influencer. Nous supposons qu’il y ait une relative diversité des représentations en la matière et que cette diversité est en partie attribuable à des facteurs sociaux. Sur un autre plan, on peutfaire l’hypothèse que la manière dont l’individu perçoit la délinquance a une influence sur les fonctions qu’il attribue à la justice pénale et sur la manière dont il aimerait que la justice soit rendue. Les cartes cognitives1 en matière de délinquance ont donc par hypothèse une influence sur les autres domaines considérés dans ce rapport (finalité, adéquation, procédures, actualité pénale). Oncommencera par répondre aux quatre questions posées plus haut en se référant à la distribution des réponses question par question et en se basant sur des analyses de correspondances et de classification qui permettent de résumer les informations dans des types ou «profils» spécifiques de réponse. Ensuite, on considérera les facteurs sociaux modulant ces profils.

Risque personnel et sentimentd’insécurité
Nous avons utilisé deux questions pour cerner le sentiment personnel d’insécurité. La première question vise l’évaluation d’un risque personnel2 : la personne est tenue d’énoncer un degré de probabilité concernant un événement hypothétique pouvant survenir dans le futur. Cette question, par ailleurs, décompose le risque en différents types de menace et permet ainsi l’identification plusprécise de ce qui éventuellement soucie ou fait peur (voir tableau 3.1). La deuxième question, elle, renvoie à l’énonciation d’un sentiment de crainte plus concret (voir tableau 3.2). Nous cherchons à mesurer ici une «crainte» - une appréhension personnelle de l’insécurité - par opposition à une «préoccupation» face à la montée de la délinquance, qui n’implique pas forcément qu’on la craigne3....
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