Desastre de dieppe

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  • Publié le : 17 octobre 2010
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Histoire des Idées.

Le Désastre de Dieppe : qui est vraiment responsable ?

Le 19 août 1942, près de 6000 soldats alliés, Canadiens pour la plupart, se lancèrent à l’assaut des plages de Dieppe. Les objectifs définis étaient d’en saisir le port et de se rendre, temporairement, maître de la ville et de ses environsimmédiats, avant de se replier sur les plages et d’être évacués par les barges de débarquement. Ce raid sur la « Forteresse Europe » n’était pas le premier, mais il était de loin le plus important jamais planifié, car il était le premier à impliquer une collaboration entre la Royal Air Force, la Royal Navy et l’infanterie canadienne.
Cette opération avait été imaginée dès le mois de mai 1942. Eneffet, des précédentes opérations du même genre avaient été menées par les troupes d’élite britanniques, dont le but était la destruction d’objectifs précis en un temps compté, avant de repartir par leur point d’arrivée. Le raid sur Saint Nazaire le 28 mars 1942 (Opération Chariot), avait rencontré un énorme succès, dont Churchill lui-même s’était félicité. Cependant, depuis ce jour les raids proposéspar Lord Mountbatten, alors directeur du Quartier Général des Opérations Interarmées (COHQ en Anglais) avaient tous été rejetés par les chefs d’état-major car ils étaient jugés ‘suicidaires’.
Cependant, devant la pression grandissante imposée par Moscou pour l’ouverture d’un second front en Europe pour les soulager de la pression de la Wehrmacht, et la menace indirecte de Staline qui avaitévoqué l’idée de négocier avec Hitler, la pression s’accrût fortement sur l’état-major britannique qui poussa à son tour le COHQ à monter un plan rapidement pour satisfaire le dirigeant communiste. Mountbatten mit donc au point avec l’aide du COHQ, l’Opération Rutter. Ce raid sur la ville de Dieppe devait impliquer des forces aériennes, navales et terrestres dans un effort combiné qui serait le plusimportant jamais réalisé.
Lors de sa présentation aux chefs des différents états-majors, le commandant de l’armée sud-est, Bernard Montgomery, fut invité en tant que consultant pour apporter son expérience et veiller au bon déroulement du plan, car les troupes seraient embarquées depuis les ports du sud de l’Angleterre. Après l’exposition des grandes lignes du plan par Mountbatten enpersonne, Montgomery émit ses plus grandes réserves quant à la faisabilité du plan et à la réalisation des objectifs qui, selon lui, étaient bien trop prétentieux compte tenu des forces en présence . Il préconisait une réduction drastique des forces en présence pour ménager l’effet de surprise et obtenir une meilleure mobilité. Le plan fut tout de même maintenu, et le 8 juillet, les hommes furentrassemblés dans leurs navires, et un plan détaillé des opérations leur fut exposé. Cependant, comme le temps s’était subitement dégradé, l’opération fut reportée sine die, et plus de 6000 soldats et marins se retrouvèrent en liberté dans les camps militaires et les pubs anglais avec une connaissance plus ou moins précise des plans de l’Opération Rutter. Mais pour Mountbatten, cette dégradation de la météone devait être qu’un contretemps, et il songeait déjà à remettre sur pieds l’opération dès que la météo le permettrait.
L’Etat-major, quant à lui, n’excluait pas la remise en route de l’opération, mais elle était hors de question pour Montgomery et le contre-amiral H.T. Baillie-Grohman, qui émirent le souhait de ne plus avoir quoi que ce soit à faire avec cette opération qui, si elle n’était pastout bonnement annulée, mènerait selon eux au massacre pur et simple des troupes au sol . Le contre-amiral fut remplacé par le Capitaine John Hughes-Hallett, proche et surtout subordonné de Mountbatten.
Le 2 août 1942, Churchill partit pour Le Caire afin de faire le point avec le général Auchinleck sur la première bataille d’El Alamein. Durant ses absences, son représentant aux réunions...
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