Descartes explication de texte de la 5eme partie

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  • Publié le : 22 avril 2011
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Explication de texte de philosophie n°2
Descartes, Discours de la méthode, 5ème partie.



Notre passage est extrait de la cinquième partie du Discours de la méthode écrit en 1637 par René Descartes. Dans cette partie, Descartes procède à une application physique de la méthode. Toute la tradition philosophique a essayée de définir ce qu’il y a de propre en l’être humain, ce qui fait saspécificité, et pour ce faire ce sont souvent appuyés sur la comparaison avec les animaux pour en dégager les différentes caractéristiques. Ici, Descartes répète cette stratégie et essaie de distinguer dans ce texte les différences entre Hommes et animaux, par l’intermédiaire d’une comparaison avec une machine. Selon le philosophe, les Hommes sont non seulement dotés d’un corps mais aussi de penséeset donc d’une âme, pensées qu’ils manifestent notamment par l’exercice du langage ; au contraire, les animaux ne sont que substance corporelle et ne sont pas doués de raison ; de fait, on ne peut les distinguer d’une simple machine.
Cependant, l’utilisation du langage comme signe univoque et certain d’une présence (ou absence) de pensées pose problème. En effet, si le langage est manifestation dela pensée, la pensée se définit aussi tout autant par rapport au langage ; ainsi les Hommes parlent parce qu’ils pensent, on peut également dire que les animaux pensent car ils semblent eux-aussi avoir un langage : ils peuvent communiquer, exprimer des émotions…
Descartes s’attache à résoudre ce problème en trois mouvements ; tout d’abord, il met en place l’expérience à partir de laquelle il varaisonner, à savoir la comparaison d’un animal et d’un Homme avec une hypothétique machine qui les imiteraient ; aucun moyen ne permettrait de distinguer l’animal de la machine, alors qu’il y en aurait deux pour différencier Homme et machine. (jusqu’à « pour cela de vrais Hommes »). Ensuite, le philosophe expose ce premier moyen, à savoir le langage au sens strict du terme, signe univoque de laprésence de pensées, langage qui correspond à la parole humaine mais pas à celle de la machine, déterminée par son « corps ». (jusqu’à « les plus hébétés peuvent faire »). Enfin, Descartes précise sa réflexion en exposant le second moyen qui distingue l’Homme d’une machine à son image, c’est-à-dire l’universalité des champs d’application de la raison, qui témoignent de ce que seul l’Homme possède uneraison et une âme.
Les enjeux de ce texte sont alors complexes ; sur le plan éthique, il ne s’agit rien de moins que de définir la spécificité de l’Homme par rapport aux bêtes ; et sur le plan métaphysique, c’est la conception de l’âme et du corps qui est engagée.


Dans un premier mouvement, Descartes choisit d’exposer « l’expérience » qui va lui permettre de démontrer la différence denature entre les Hommes et les animaux. Cette expérience n’a pas véritablement été réalisée ; il s’agit d’une hypothèse. Cette hypothèse est basée sur une comparaison ; d’abord celle d’un animal avec une machine si perfectionnée qu’elle reproduirait non seulement l’apparence de la bête, mais également son organisation intérieure ; puis celle d’un Homme avec une telle machine (qui de même,reproduirait l’Homme dans son extérieur mais aussi dans sa configuration intérieure). Cette expérience n’a pas été réalisée, dans la mesure où les deux machines ne sont qu’imaginées. Pourquoi ne serait-il pas possible de construire une telle machine ? Le philosophe se justifie grâce à l’expression « imitassent autant nos actions que moralement il serait possible ». Ici, le « moralement possible » signifie« possible pour Dieu », c'est-à-dire impossible pour un Homme, qui est capable de fabriquer des machines –à l’époque de Descartes, on réalisait beaucoup d’automates- mais pas d’aussi perfectionnées que les créations de Dieu. Dans la mesure où c’est Dieu qui a créé les Hommes, seul Dieu pourrait créer une machine qui imiterait parfaitement l’Homme. La comparaison a donc valeur illustrative...
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