Desir

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  • Publié le : 11 mai 2011
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Peut-on soutenir que le Désir est l'essence de l'homme?

Perdu dans l'immensité de l'univers, cherchant à connaître tant sa propre individualité que celle de ses congénères, ainsi que les mécanismes à l'oeuvre dans un monde tantôt protecteur ,tantôt dangereux, l'homme essaie de répondre à la question philosophique fondamentale pointée par E.Kant:"Was ist das Mensch?", que nous pouvonscommunément traduire par "Qu'est-ce que l'Homme?".En effet, pour le penseur de Koenigsberg, toute la recherche de la vérité se résumerait en une problématique synthétique relative à la nature humaine et sa compréhension.
Dès lors, conformément à cette illustre généalogie, notre intitulé nous invite à suivre cette voie ontologique, dans le sens de la détermination singulière d'une nature humaine non plusadmise comme rationnelle, à l'image des philosophes spiritualistes tels que platon par exemple, ni même comme politique pour les tenants d'une obédience plus pratique inaugurée par Aristote, lesquels loin de faire du Désir le fond de l'homme, sa propriété intime, intrinsèque et cardinale, élaborent tout au contraire des théories et des doctrines qui cherchent à s'émanciper de la tutelle de cettetendance, sinon à s'en détourner, afin écrivent-ils, d'accéder à une vie sage et heureuse.
Nous comprenons alors qu'il ne va pas de soi de pouvoir considérer, ni de soutenir que le Désir est l'essence de l'homme, tant les oppositions, morales et intellectuelles, sont nombreuses et puissantes à non seulement vouloir l'ignorer, pour les plus modérées, voire à le condamner pour les plus radicales.C'est ainsi qu'une nouvelle dimension apparaît dans l'horizon du verbe "soutenir", qui concerne l'appui, le rôle de pilier, soit de support, de force, de fondation sur quoi bâtir une réflexion pariculière en tant que précisément, elle distord le discours classique, elle s'écarte et prend à parti la tradition, cherchant à la renouveler, à la penser à nouveaux frais.
Cependant, si la possibilitén'est pas absente de cette interrogation elle semble moins pertinente que la question plus juridique du droit, comme a-t-on le droit de défendre une nouvelle conception de l'homme conçu comme être de désir, ce qui nous convoque à une véritable plaidoirie, dont le but sera d'expliciter cette vision de l'homme, de son essence, c'est à dire de ce qui fait que l'homme est ce qu'il est, sans que ladisparition de cette propriété n'entraîne immédiatement la disparition consécutive de l'homme en tant que tel,c'est à dire que le Désir serait soit constitutif de l'Homme, soit lui serait en quelque sorte surajouté comme un attribut, dont il lui serait tant possible que bénéfique de se défaire...
Cette problématique nous invite à articuler notre réflexion en trois moments logiques distincts, car ilne serait pas objectif de ne pas considérer les arguments qui ont pour ambition de nier cette propriété, ou de s'en détourner, ou de la convertir, ainsi que le proposa en son temps Saint Augustin, en effet, nous trouverons au coeur de cette controverse des impasses, des apories, qui nous permettront d'interroger de telles dogmatiques, avant d'en étudier les limites et autres tensions.

Ainsique nous le suggérions précédemment, il n'est ni judicieux, ni pertinent, ni même intellectuellement courageux de ne pas écouter la tradition avant de vouloir, ou prétendre, la dépasser, l'oublier, cette pratique ne serait plus dès lors dans le sens de la recherche de la Vérité chère à Socrate, mais plus exactement dans celui d'une fuite en avant dont l'équation pourrait se résumer à:" le Vrai c'estla nouveauté", néanmoins en est-il ainsi vraiment? S'agit-il de dire ce que personne n'a encore dit pour que cette parole soit qualifiée de vraie?
Dès lors, avant de soutenir que le Désir pourrait-être conçu comme l'essence de l'homme, comprenons pour quelles raisons fondamentales l'histoire de la pensée a, la plupart du temps, défendu d'autres thèses telles que celles de l'homme entendu...
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