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  • Publié le : 25 février 2009
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PETITE DIGRESSION
Voltaire

Introduction

Présenter l'auteur, Voltaire, et le texte.

Texte en trois paragraphes décroissants.

Lecture du texte

Dans les commencements de la fondation des Quinze-Vingts, on sait qu’ils étaient tous égaux, et que leurs petites affaires se décidaient à la pluralité des voix. Ils distinguaient parfaitement au toucher la monnaie de cuivre de celled’argent ; aucun d’eux ne prit jamais du vin de Brie pour du vin de Bourgogne. Leur odorat était plus fin que celui de leurs voisins qui avaient deux yeux. Ils raisonnèrent parfaitement sur les quatre sens, c’est-à-dire qu’ils en connurent tout ce qu’il est permis d’en savoir ; et ils vécurent paisibles et fortunés autant que les Quinze-Vingts peuvent l’être. Malheureusement un de leurs professeursprétendit avoir des notions claires sur le sens de la vue ; il se fit écouter, il intrigua, il forma des enthousiastes : enfin on le reconnut pour le chef de la communauté. Il se mit à juger souverainement des couleurs, et tout fut perdu.

Ce premier dictateur des Quinze-Vingts se forma d’abord un petit conseil, avec lequel il se rendit le maître de toutes les aumônes. Par ce moyen personnen’osa lui résister. Il décida que tous les habits des Quinze-Vingts étaient blancs : les aveugles le crurent ; ils ne parlaient que de leurs beaux habits blancs, quoiqu’il n’y en eût pas un seul de cette couleur. Tout le monde se moqua d’eux, ils allèrent se plaindre au dictateur, qui les reçut fort mal ; il les traita de novateurs, d’esprits forts, de rebelles, qui se laissaient séduire par lesopinions erronées de ceux qui avaient des yeux, et qui osaient douter de l’infaillibilité de leur maître. Cette querelle forma deux partis. Le dictateur, pour les apaiser, rendit un arrêt par lequel tous leurs habits étaient rouges. Il n’y avait pas un habit rouge aux Quinze-Vingts. On se moqua d’eux plus que jamais. Nouvelles plaintes de la part de la communauté. Le dictateur entra en fureur, lesautres aveugles aussi : on se battit longtemps, et la concorde ne fut rétablie que lorsqu’il fut permis à tous les Quinze-Vingts de suspendre leur jugement sur la couleur de leurs habits.

Un sourd, en lisant cette petite histoire, avoua que les aveugles avaient eu tort de juger des couleurs ; mais, il resta ferme dans l’opinion qu’il n’appartient qu’aux sourds de juger de la musique.Voltaire - Petite digression – 1766

Annonce des axes d'étude

Etude du texte

I. Un texte narratif.

1. Les étapes du récit.

Situation initiale : communauté aveugle qui vit paisiblement avec ses 4 sens.
Elément perturbateur : un professeur arrive et décide des couleurs.
Péripéties : le prof devient dictateur, ne laisse plus les autres avoir d’opinion personnellesRévolte
Elément de résolution : il fut permis à tous de suspendre leur jugement sur les couleurs.
Morale.
2. Connecteurs temporels : dans le commencement, enfin, premier.

3. Temps du récit. Récit au passé. Imparfait / passé simple.

II. Un texte didactique.

1. Point de vue : à première vue neutre (position impersonnelle, focalisation externe)

pas de destinataires, ni pronoms, niéchanges.

2. Un souci explicatif et symbolique : dimension historique, phrases déclaratives, souci de clarté (enfin, d’abord, etc…), représentation de l’aveugle de l’homme quant aux questions d’ordre métaphysique.

3. L’auteur fait passer son message : il porte en réalité un jugement.

vocabulaire et expressions (malheureusement, prétendit, traita, dictateur, parfaitement)
phrases qui se suiventet mettent l’absurdité en évidence : arrêt : les habits sont rouges ; il n’y en avait aucun.
Mise en relief des causes et des conséquences : et tout fut perdu, la concorde ne fut rétablie que, on se moqua d’eux.

III. Condamnation de la sottise.

1. Prétention de la sottise, infaillibilité.

absurde, ridicule. (on se moqua d’eux)
obscurantisme
2. Dénonciation du fanatisme :...
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