Determinants epargne

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Aloys RIGAUT. Fiche technique d’économie. 30.01.2001. Année complémentaire de préparation aux concours administratifs. Conférence d’Olivier CUNY.

Les Déterminants de l’épargne
A- Les déterminants liés au revenu : 1° La théorie du revenu courant et sa critique : Cf. la « Loi psychologique fondamentale » de KEYNES : l'épargne, définie comme la partie non consommée du revenu, est une fonctioncroissante du niveau de revenu (« effet de revenu », valable à court terme). Pour un revenu nul, l'épargne est négative (l'agent désépargne pour financer la consommation incompressible). Néanmoins, selon DUESENBERRY et BROWN (1952), l’épargne ne dépend pas seulement du revenu courant, mais également des revenus perçus dans le passé (« effet de cliquet »). 2° Théorie du revenu permanent : Pour MiltonFRIEDMAN, l'épargne ne dépend pas (à long terme) du revenu courant mais du revenu permanent, entendu comme le revenu dont l'agent peut disposer à chaque période de sa vie sans entamer son patrimoine (« effet de lissage »). 3° Théorie du revenu relatif : Dans cette approche, Dorothy BRADY et Rose FRIEDMAN (1947) postulent l'interdépendance des préférences individuelles (« effet de démonstration»). Il existerait un phénomène d'imitation sociale, qui expliquerait que la fonction d’épargne soit globalement stable sur longue période. 4° Théorie du cycle de vie : Selon ANDO et MODIGLIANI (in « The life cycle hypothesis of saving »), les ménages épargnent en fonction de leur cycle de vie (« effet de cycle »). Cette théorie tend à démontrer qu'un ménage type, emprunte lorsqu'il est jeune, épargnedurant sa vie active et désépargne à la retraite. B- Les autres déterminants que le revenu 1° Le déterminant taux d'intérêt : La propension à épargner est une fonction croissante du taux d'intérêt réel (« effet de substitution »), mais cette relation est contrebalancée par un « effet de revenu » (une hausse des taux d'intérêt signifie une hausse des revenus futurs). Néanmoins, la réaction del'épargne au taux d'intérêt est relativement difficile à déterminer. 2° Le déterminant inflation : Les effets de l'inflation sur l'épargne sont particulièrement ambivalents. D’un côté, l’inflation altère la valeur réelle des actifs, ce qui contraint les ménages à épargner davantage pour conserver la valeur réelle de leur patrimoine financier (« effet d'encaisse réelle » ou « effet Pigou »), mais d'unautre côté, l'anticipation de l'inflation par les agents économiques peut les conduirent à acheter maintenant ce qu'ils paieront plus cher plus tard et donc à réduire leur épargne (effet de « fuite devant la monnaie »). 3° Le comportement d'épargne de précaution : D'autres facteurs, de nature extraéconomique, ne doivent pas être négligés. En supposant ainsi que le consommateur est averse au risque,l'équivalence à l'incertitude est rejetée et l'agent épargne d'avantage. Ceci expliquerait une grande part de l'augmentation de l’épargne en 1989-1995. 4° Les « effets de richesse » : Les gains patrimoniaux (valorisation des actifs) conduisent à une baisse de l’épargne, c’est « l’effet de richesse » (cf. Etats-Unis dans les années 1990s). Michel AGLIETTA (1995) est parvenu à montrer lacorrélation entre la rapidité d'augmentation du prix des actifs patrimoniaux dans les années 80, d'une part, et la baisse du taux d'épargne d'autre part. À l'inverse, le ralentissement de la croissance du prix des actifs à partir de 1990 (éclatement de la bulle financière, crise immobilière) a entraîné le maintien, voire même l'augmentation du taux de l'épargne. 5° Les anticipations rationnelles («équivalence ricardienne ») : La croissance des déficits publics font anticiper des hausse d’impôts futures, ce qui accroît le niveau d’épargne (théorème dit de RICARDO-BARRO).

L’exemple du comportement d'épargne des ménages en France pendant les années 1990 (Source : INSEE) Au niveau macroéconomique, le taux d'épargne des ménages est en théorie expliqué par des effets revenu, des effets richesse,...
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