Dette publique

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  • Publié le : 13 septembre 2013
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LES RISQUES ATTENDUS D’UNE DETTE PUBLIQUE LIBANAISE EN CONSTANTE PROGRESSION

Nouhad El Chalouhi - chargée d’enseignement à la FGM

Le Liban est un pays où l’économie de marché est fortement ouverte à l’extérieur. Sa force réside dans sa capacité d’attraction des investissements et des capitaux des ressortissants libanais et surtout étrangers.

En effet, un pays construit sa richessenationale par l’adoption d’une politique monétaire et budgétaire réfléchie. Où tout Etat est une entité souveraine, capable seule de créer sa monnaie et d’avoir un budget en déséquilibre. Cette particularité est essentielle car tout organisme privé ou public, autre que l’Etat, doit avoir son budget en équilibre.
Ce déséquilibre budgétaire permet donc aux Etats d’avoir une dette publique« acceptable » jusqu’à 60% du PIB. Cet endettement est tout à fait entré dans les mœurs des marchés internationaux, la seule limite est la capacité du pays endetté à réduire sa dette, voire à la stabiliser.

Ainsi à cause de la dernière crise financière européenne, divers pays européens comme la Grèce, l’Italie ou encore l’Espagne sont fortement fragilisés financièrement car l’augmentation de leur dettepublique suscite de réelles difficultés économique, sociale, et politique au sein de leur pays.
Le Liban n’échappe pas non plus à ce débat. En effet, le Liban a une dette aujourd’hui égale à plus de 200% du PIB, faisant de ce pays l’un des pays les plus endettés du monde. Cette situation particulière mérite d’être étudiée car si le Liban est très endetté aujourd’hui, il ne l’a pas toujours été.En effet, le Liban d’après guerre a du faire face non seulement à la reconstruction mais aussi à la dollarisation (I). Cette situation fait qu’aujourd’hui le Liban tente de s’en sortir à travers des réformes fiscales et budgétaires, tout en s’appuyant sur un atout majeur et non des plus négligeables, à savoir ses banques commerciales locales (II).

I. Les origines et l’évolution de la dettepublique libanaise

Le Liban a pendant longtemps été l’économie la plus dynamique du Moyen-Orient. En effet, pendant la période d’avant 1975, le Liban était très prospère et profitait d’une croissance économique des plus avantageuse.
Cette période va être stoppée par 16 ans de guerre civile, qui vont bouleverser non seulement l’équilibre politique du pays mais aussi l’équilibre économique etbudgétaire. En effet, à la fin de la guerre, en 1990, le Liban veut se reconstruire. Le gouvernement libanais n’avait d’autre choix que de s’endetter. Ainsi, la dette publique libanaise était en grande majorité en livres libanaises, et prise sur une échéance à court terme.
La tendance de l’époque était, en effet, de prendre ce type de crédit. Mais face à l’instabilité politique du pays, une pertede confiance dans la monnaie nationale conduit les banques à favoriser les prêts en dollars plutôt que les prêts en livres libanaises. En effet, les conséquences de la guerre ont fortement affaibli sa force économique sur les marchés internationaux. Ainsi, malgré l’instauration d’une limite d’emprunt en devise étrangère, la dollarisation des prêts s’accentue.

Ces deux facteurs, ont favoriséprogressivement la dette publique libanaise, qui n’a cessé de croître continuellement, avec un ratio de la dette publique nette par rapport au PIB de 38% en 1992 à 83,57% en 2002. Cette situation a donné lieu à la première conférence de Paris I en février 2001. Cette conférence a permis de réduire la dette publique libanaise avec notamment l’octroi de dettes à plus long terme et à un coût moinsélevé. Mais c’est surtout avec les deux conférences de Paris II et Paris III que la dette libanaise a été remaniée. Où la conférence de Paris II a permis au Liban de bénéficier de 4,4 milliards de dollars de crédits internationaux. Par cette action, les conférences ont redonné confiance aux marchés financiers en favorisant la conversion de la dette publique interne en dette publique externe à long...
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