Devenir des prisons

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  • Publié le : 5 mai 2011
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Prison Saint-Michel Toulouse, quel avenir ?

Plusieurs prisons devenues insalubres et inadaptées tendent à l’obsolescence. Ces vastes sites fermés sur eux-mêmes, jouxtant souvent les centre-ville, posent des grandes questions urbanistiques et architecturales lorsqu’il s’agit de les ouvrir sur la ville pour accueillir un nouveau programme. Cette étape est très délicate et compliquée car leMinistère de la justice, propriétaire des équipements, cherche avant tout une revente rentable des bâtiments, quand ils sont conservés, et du terrain pour renflouer les caisses de l’Etat. Cette vision très « administrative » des choses peut donner suite à des graves destructions de témoignages de l’histoire, d’architecture remarquable et de systèmes ingénieux. La trace est indispensable pourl’identité, l’histoire du lieu et le caractère de l’édification urbaine. Elle est pourtant trop souvent négligée. Cet exposé tentera d’illustrer ces propos, avec le cas de la prison Saint-Michel à Toulouse, en apportant une critique des différents acteurs et des nouvelles idées programmatiques.
Dans un premier temps, il est indispensable de connaitre les principales évènements historiques de la prisonSaint-Michel.
La prison s’inscrit dans l’ambitieuse politique d’équipements publics qui caractérise le XIXe siècle marqué par sa foi dans le progrès et l’amélioration de l’existence de tous grâce à des édifices fonctionnels conçus spécifiquement pour satisfaire chaque programme : école, bibliothèque, université, hôpital, halle, abattoir, prison… Pour mener à bien cette noble ambition politique, desmodèles idéaux ou typologies architecturales furent lentement et pragmatiquement élaborés et diffusés. Ces modèles n’empêchèrent pas chaque réalisation d’être une création originale et unique, adaptée à un lieu, des besoins et des moyens particuliers.

C'est donc dans cette période, en 1855, que l'on confit la conception à l'architecte Jacques Esquié de la "maison d'arrêt, de justice et decorrection pour hommes" dans le faubourg Saint-Michel à Toulouse. Elle fut construite en 1862-1969 et utilisée dans un premier temps en tant qu'hôpital suite à la guerre franco-prusienne. Sa fonction autenthique d'incarcération est utilisée seulement à partir de 1872 avec l'arrivée des premiers détenus.
Les murs de ce complexe transpirent de tragédie et de désespoir. Des personnalités y ont péri, telque le résistant Marcel Langer, chef de la 35e Brigade FTP-MOI, condamné à mort par la justice de Vichy, qui y fut guillotiné.
En 2000, le ministère de la justice programme le transfert des détenus vers la nouvelle maison d'arrêt en construction à Seysses. La municipalité toulousaine se projette alors en réfléchissant au devenir de ce lieu et une association des riverains se fonde afin dedéfendre la conservation et la réhabilitation des bâtiments en équipement public entouré de jardins.
Le maire de Toulouse en 2002, Philippe Douste-Blasy, défend l'idée que la prison devienne un équipement culturel à l'échelle internationale. Le projet est confié à l'agence Atlante dirigée par Richard Edwards et sera rendu public en novembre 2008.
La prison devient obsolète en octobre 2009 lorsque lesderniers détenus en semi-liberté sont transférés à leur tour dans une nouvelle structure à Seysses.
Cependant, ça n'a pas fait avancer le dossier, les clés étant toujours en possession du ministère de la justice. L'Etat avait promis de revendre la prison à la ville de Toulouse pour une modique somme de 750 000€ mais il décide de réaliser une étude pour savoir quelles sont les intérêts d'autreshypothèses financières. Trois scénarios sont imaginés: le classement total de la structure, le classement partiel ou encore sa destruction totale, qui serait la solution la plus rentable pour l'Etat lui permettant d’ouvrir la voie à la spéculation immobilière.
Actuellement, l'Etat n'a toujours pas donné de réponse, le suspens bat son plein. Les riverains se liguent contre l’idée de...
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