Devenir enseignant

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Devenir un enseignant réflexif critique : quelques méthodes de formation

Auteur : S. D. Brookfield, trad. Ph. Dessus, IUFM de Grenoble
Date de création : Janvier 2008.

|Objectif : Ce document comporte une série d’exercices intéressant la formation à la réflexion des |Cette création est mise à |
|enseignants en formation initiale. Il permet de questionner (ou faire questionner)ses pratiques |disposition sous un contrat |
|d’enseignant de plusieurs manières : se voir en tant qu’enseignant, en se mettant à la place d’élèves ou |Creative Commons.   |
|collègues, en travaillant en groupes. |[pic] |

D’après S. D. Brookfield (1995). Becoming a criticallyreflective teacher. San Francisco : Jossey-Bass. Traduit librement par Philippe Dessus, iufm Grenoble, février 2003. Les participants évoqués ci-dessous sont tous masculins, pour des raisons de concision et non à cause d’une quelconque discrimination. Ce document est traduit et diffusé à l'unique fin de diffusion de pratiques de formation.

Introduction

Cet ouvrage comporte une série d’exercicesintéressant la formation des enseignants en formation initiale à la réflexion. Même si les commentaires de Brookfield sont souvent liés au système éducatif américain (voir l’introduction ci-dessous), les méthodes qu’il propose paraissent être utiles. Son ouvrage est constitué de quatre parties principales, qui permettent chacune une analyse différente de l’expérience de l’enseignant novice : — lesaspects autobiographiques (se voir en tant qu’enseignant) ; — l’expérience d’élève (se voir au travers d’élèves) ; — l’expérience de collègues ; — les aspects théoriques (cette dernière partie ne sera pas résumée ici, car elle est trop éloignée des pratiques de formation des enseignants en iufm.
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Ce qu’il faut savoir

Le but du livre de Brookield est détaillé au chap. 12, pp. 246 et sq. :“Créer une culture de la réflexion”. Il montre en effet qu’il existe quelques barrières à cette culture. Des barrières qui sont liées à la culture des enseignants : une culture du silence, de l’individualisme, du secret. Détaillons-les (Brookfield, 1995, pp. 247 sq.). Pour Brookfield, le silence entoure les enseignants, un silence à propos du processus et du sens des manières d’enseigner. En effet,l’enseignant est confronté à la dynamique des processus de classe et la lutte quotidienne envers des dilemmes insolubles et requêtes contradictoires. De plus, les conditions de travail inhibent souvent la parole des enseignants. Brookfield cite Richert (1992, p. 193) : “Les enseignants ne sont pas écoutés parce qu’ils ne parlent pas. Et ils ne parlent pas parce qu’ils font partie d’une culture quiles rend silencieux par un ensemble de mécanismes d’oppression tels que le surmenage, un statut peu élevé, et un standard de performance externe”. Demander de l’aide est souvent considéré comme une preuve d’impuissance ou d’incompétence.

Ensuite, la culture de l’individualisme. L’action collective d’enseignants est rarement considérée comme une chose positive. L’excellence enseignante estsouvent perçue comme une volonté et des efforts individuelles. Elle est souvent vue comme la manifestation de dinosaures face à l’innovation et les réformes. Il existe pourtant une rhétorique de la collaboration, mais elle est gênée par le prix à payer pour le travai collaboratif. Si cela peut rendre le travail plus facile, cela augmente le temps de réunions, le nombre d’élèves à gérer, etc. De plus,il y a peu de moyens en temps, espace et argent, consacrés à l’action collective d’enseignants. En bref, un travail collectif bien conduit est souvent plus coûteux en temps et ressources qu’un travail individuel. [Ces remarques concernent principalement le système éducatif américain. Il faudrait vérifier qu’elle concernent également le système français. NDT]

La troisième et dernière...
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