Devoir bac

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1106 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Ce devoir type EAF a été élaboré par Christian FERRE, agrégé de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère du Lycée Mistral à Avignon

Devoir type Bac — Séries générales

Objet d'étude: la poésie

CORPUS

1 - Pierre de Ronsard, « Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse », Les Amours, 1553.
2 - CharlesBaudelaire, « À une dame créole », Les Fleurs du mal, 1857.
3 - Léopold Sédar Senghor, « Femme noire », Chants d'ombre, 1945.
4 - René-Guy Cadou, « Hélène », Hélène ou le Règne végétal, 1952-1953.

Texte 1 - Pierre de Ronsard, « Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse », Les Amours
(1553)

Pierre de Ronsard (1524-1585) est le poète officiel de la cour sous Henri II et Charles IX. Dans les Amours,il rend hommage aux différentes femmes qu'il a aimées.

Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel œil, qui me prit a son hain (1),
Pour ce doux ris (2), pour ce baiser tout plein
D'ambre (3), de musc (4), baiser d'une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l'embonpoint (5) de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d'un coup (6) meguérit et me blesse.

Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour ce maintien qui, divin, me contraint
De trop aimer: mais par sus toute chose (7),

Je veux mourir en amoureux combats,
Souffrant l'amour, qu'au coeur je porte enclose (8),
Toute une nuit, au milieu de tes bras.

Notes:

1. hain: hameçon - 2. ris : sourire - 3. ambre: parfum très précieux - 4. musc: substance brunetrès odorante ; parfum fort - 5. embonpoint : ici, l'apparence belle et pleine de santé, la rondeur - 6. tout d'un coup : en même temps, en une seule fois - 7. par sus toute chose : par dessus tout - 8. l'amour que je porte enclose : au XVIe siècle, le mot « amour » est féminin.

Texte 2 - Charles Baudelaire, « À une dame créole », Les Fleurs du mal (1857)

Charles Baudelaire (1821-1867) mène uneexistence tourmentée, oscillant entre le spleen (noire mélancolie) et l'élan vers l'idéal, monde inacessible où règnentt la beauté et l'harmonie. Dans plusieurs poèmes des Fleurs du Mal, il évoque Jeanne Duval, une belle métisse qu'il a rencontrée en 1842, à son retour de l'île Maurice et avec laquelle il a entretenu une liaison orageuse jusqu'en 1855 environ. Elle est l'inspiratrice d'un bonnombre de ses poèmes qui célèbrent l'amour sensuel.

À UNE DAME CRÉOLE

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme unechasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d'orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le coeur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

Texte 3 - Léopold Sédar Senghor, « Femmenoire », Chants d'ombre (1945)

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) est né au Sénégal, dont il fut Président de la République de 1960 à 1981. Il exalte dans son œuvre poétique — qui se présente sous la forme de poèmes écrits en versets — sa terre africaine.

FEMME NOIRE

Femme nue, femme noire
Vêtue de tu couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur detes mains bandait
mes yeux.
Et voilà qu'au coeur de l'Été et de Midi, je te découvre,
Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair
d'un aigle.
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir,
bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses...
tracking img