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  • Publié le : 16 mai 2010
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L'ECRITURE VOLTAIRIENNE

Au XVIII° siècle, de nombreux textes ont une vocation contestataire et dénonciatrice. Plus que la parole, l'écriture constitue une véritable force qui met ses moyens d'expression au service de la critique. Parmi ceux-ci, l'humour,le comique et l'ironie se révèlent particulièrement efficaces. Ils transforment le lecteur en complice ; c'est donc un excellent moyend'emporter son adhésion, de le convaincre.

I LE COMIQUE

1) Les "polissonneries", les gauloiseries.
a) Les situations scabreuses : elles sont nombreuses dans l'Ingénu comme dans Candide :
Ex. : les "mésaventures" de Cunégonde et de la Vieille, la pédérastie du Baron ...etc
b) Le comique de farce : il est tout en gestes grossiers, rendus faussement décents par des mots allusifs et despériphrases.
Ex. : chap. XI "Mais ce qui nous surprit davantage, c'st qu'ils nous mirent à tous le doigt dans un endroit où nous autres femmes nous ne laissons mettre d'ordinaire que des canules." ; chap. I, les "leçons de physique expérimentale" de Pangloss...
c) Le comique de situation :
Ex. : chap. III, Candide reçoit un pot de chambre en réponse à ses discours philosophiques...2) La répétition
Voltaire choisit quelques mots-clés du langage philosophique et les répète constamment en les mettant en contradiction avec les événements : "meilleur des mondes", "effet", "cause", "raison suffisante".
La douceur de Candide est répétée chaque fois que le héros tue ou croit avoir tué quelqu'un. Le discours mécaniquement répété de Pangloss illustre à merveille la formule deBergson selon laquelle "le comique est du mécanique plaqué sur du vivant".

3) L'exagération
Elle sert de base à la satire et au comique. Elle contribue à offrir une vision volontairement déformée de l'existence.
Il s'agit ici de l'art de la caricature. Le ou les traits sont exagérés afin de les rendre plus sensibles, plus voyants, plus révoltants. Ex. : le nombre de morts, au chap. III.
Lemonde de Candide est celui du "superlatif" : tout dans ce conte est excessif, à commencer par les hommes, de Pangloss, zélateur du mieux, à Martin convaincu du pis.

4) La schématisation
Les personnages de conte n'ont pas l'épaisseur psychologique des personnages de roman. Ils ne servent qu'à incarner un type ou une idée. Leur silhouette est comique parce que réduite à un seul trait.
Ex. :l'obèse Ogul, le vaniteux Itobad (Zadig) ; la sensuelle Cunégonde, le philosophe borné Pangloss ...etc

5) Le contraste
Il permet de tourner en dérision l'attitude (ou un personnage) condamnable en l'opposant à une (un) autre louable, digne de sagesse. C'est en mettant le Mal au contact du Bien que ses perversions apparaissent avec netteté.
Ex. : La cupidité des Européens contraste avec lanaïveté, l'honnêteté de Candide. Le discours des religieux s'oppose à leurs actes ...etc.

6) La parodie et le burlesque
La parodie est une imitation satirique d'une oeuvre, d'un genre littéraire, d'un thème pour le tourner en ridicule.
Le burlesque est un genre littéraire ou un style dont le comique naît du contraste entre la familiarité ou la grossièreté du langage et la noblesse ou l'héroïsmedu sujet.
Par exemple, Voltaire parodie le roman sentimental en le déformant de façon grossière : l'héroïne est essentiellement sensuelle ; de plus, elle devient laide et acariâtre. De même, il parodie le conte de fée et le genre des contes orientaux dans Zadig.
Autre exemple : le sacrement du baptême décrit de façon burlesque aux chap. 3 et 4 de l'Ingénu.

II L'IRONIE

A. DéfinitionL'ironie est une manière de se moquer de quelqu'un ou de quelque chose en disant le contraire de ce que l'on veut faire entendre. D'où le décalage entre l'expression et le fond de la pensée de celui qui parle.
Or, celui qui lit ou écoute peut considérer ce contraire comme l'expression réelle de la pensée. Il est donc nécessaire que certains indices attirent l'attention sur le phénomène de...
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