Devoirs de francais

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  • Publié le : 2 octobre 2010
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- Lecture analytique de L’ALBATROS de Baudelaire

Introduction : Fondé sur le souvenir d’une scène de la vie en mer certainement observée par Baudelaire pendant son « tour du monde » de 1841, ce poème développe l’image symbolique d’un oiseau capturé. L’albatros est victime de la cruauté des marins comme le poète est victime de son inadaptation sociale. Il faut donc lire ce texte comme uneparabole. Nous mettrons donc en valeur dans un premier temps la coexistence du monde humain et du monde céleste puis nous expliciterons la comparaison.

Premier axe : la coexistence de deux mondes

La chute du poète dans le monde des hommes fait s’alterner deux champs lexicaux opposés : celui du ciel (oiseaux, azur, ailes, volait, ailé, nuées) et celui du monde des humains (hommes d’équipage,navire, planches, exilé sur le sol). L’albatros occupe pacifiquement le monde du ciel et malgré sa situation supérieure, ne semble pas en tirer vanité : la périphrase « indolents compagnons de voyage » insiste sur la tranquillité des oiseaux, sur leur innocence aussi puisqu’ils ne se méfient pas des marins (ils sont des compagnons bienveillants). Ils appartiennent au paysage familier du marin : une 2epériphrase « voyageur ailé » renforce ce compagnonnage (les oiseaux font partie du voyage). L’innocence des albatros est renforcée par l’emploi du verbe suivre au v.3, gage d’une certaine passivité. De même si nous pensons à la couleur blanche des albatros, elle renforce leur pureté, leur innocence, leur majesté.
La mer appartient au monde des hommes. Elle apparaît comme facteur de risque, commeon le voit par la rime « mers/amers » et par le participe présent « glissant ». Les navigateurs sont donc implicitement présentés comme des hommes rudes, aguerris dans le combat quotidien contre les dangers (Baudelaire utilise des mots expressifs pour désigner ces risques : les « gouffres », les « tempêtes »).
Cependant pour troubler cette image et en même temps la renforcer (ces hommes sontcapables de « s’amuser » et ce jeu est un jeu cruel), Baudelaire détaille le passe-temps futile de ces marins. On peut suivre le déroulement de cette scène :
La capture (strophe 1), qui est symbolisée par l’utilisation du verbe prendre.
L’observation de l’oiseau (strophe 2), et notamment de son handicap : des ailes trop grandes dès qu’il est au sol.
La torture physique (le brûle-gueule est la pipequi va lui chauffer le bec) et la torture morale (l’imitation humiliante). Cet asservissement est amplifié par le balancement « l’un »/’l’autre » (strophe 3).

Le monde des hommes opère une métamorphose dévalorisante qui se construit par une série d’oppositions :
La pureté de l’élément « air » se transforme en un huis clos : le « plancher » du pont.
La caractéristique de leur vol (« grandesailes ») se transforme en marque d’immobilisation (« comme des avirons », objets encombrants)
Leur majesté évoquée par un champ lexical très important (rois, princes, géant) se transforme en maladresse (v.6) et en infirmité (v.12)
Leur aisance et leur beauté (vastes, beau) se transforme en une apparence grotesque par une série de 4 qualificatifs (gauche, veule, comique, laid), renforcés par l’anaphore de « il est » et par les points d’exclamation.
Enfin nous pouvons remarquer que l’aventure cruelle de ces albatros se répète (c’est une scène habituelle dans l’univers des marins comme l’indique l’adverbe « souvent » (v.1) et c’est avec avidité que ces hommes vont s’amuser de leur proie (l’expression « à peine » du v.5).

Deuxième axe : Comparaison et parabole

Tout l’intérêt du texteréside dans l’élucidation de cette scène par la dernière strophe. Baudelaire établit une comparaison, donc un lien explicite (par l’utilisation de « semblable »), entre la situation de l’oiseau et celle du poète. On notera le passage du pluriel (« des albatros » au v.2) au singulier (« le prince des nuées » au v.13) qui signale une généralisation. Un jeu de mots se cache d’ailleurs dans le...
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