Dialogue entre emma bovary et jeanne de lamare

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  • Publié le : 30 avril 2011
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Appuyée à la fenêtre, Emma regardait par la fenêtre. L’automne avait débuté. Les feuilles des arbres flamboyaient au soleil. Ses rayons illuminaient les toits ardoisés des chaumières. Dehors, de belles dames devisaient gaiement. D’autres gens marchaient d‘un pas lent, profitant ainsi des derniers rayons de soleil qui subsistaient. Des enfants jouaient et gambadaient autour de leurs mères. Emmapoussa un profond soupir. Elle aurait voulu être comme ces bonnes gens dehors, ne fut-ce qu’un instant et goûter à nouveau au plaisir perdu de l’insouciance. Mais son cœur était lourd : lourd de remords, lourd de chagrin et rempli de déception :
« Quelle folie ai-je commise, se disait-elle, d’avoir épousé un médecin de campagne ! Comme l’amour rend aveugle ! »
Elle se rassit dans son fauteuilet se remit à lire son livre de Walter Scott qu’elle avait commencé la veille au soir :
« La vie sans gaieté est une lampe sans huile et... »
Elle n’eu pas le temps d’achever sa phrase, car quelqu’un qui frappait à la porte, l’interrompit. Elle se leva lentement pour aller à la rencontre de son invitée qu’un domestique venait de faire entrer.
« Eh bien Madame De Lamare, je suis bien aise devous voir !
- Moi aussi, ma foi ! Charmante idée que vous avez eu de m’envoyer une invitation ! Mais appelez-moi Jeanne je vous en prie.
- En toute franchise, répondit Emma d’un ton qui exprimait la nostalgie, je me sens très seule. Et votre visite est comme un rayon de soleil dans une journée parmi tant d’autres…
- Vous aussi connaissez donc les affres de l’ennui, répondit Madame De Lamare ;il est vrai que notre vie est loin d’être aussi plaisante que ce que nous nous imaginions quand nous étions jeunes filles.
- Il est vrai, répondit Emma dans un souffle, mais ne restons point dans ce corridor où le froid règne. Venez, passez donc dans le grand salon… Un thé chaud vous attend. »
Jeanne la suivit.
Elles arrivèrent dans le salon, s’assirent autour de la grande table. Alors qu’undomestique leur servait le thé, Emma poursuivit :
« Quelle austère éducation que celle que nous avons reçue. Le couvent est un lieu d’enfermement, une prison, où l’autorité des sœurs est régente. Elles sont comme des bourreaux ne retenant pas leurs coups ! Et leur violence nous force à nous murer dans le silence !
- Hélas… répondit Madame De Lamare, il est exact que notre éducation ne fut pasque du plaisir… Pendant notre séjour au couvent je me réfugiais dans mes lectures. Et je rêvais de connaître enfin l’Amour!!
- Et moi donc ! renchérit Emma avec enthousiasme, que lisiez-vous?
- Parmi tous les auteurs j’ai découvert Rousseau et vraiment je l’admire… »
Elle marqua une courte pause avant d’ajouter avec un ton rempli de regrets :
« Tout comme mon père…
- Votre père a trépassé ?demanda Emma, soucieuse d’avoir blessé son hôte.
- C’est hélas le cas… Et vous, qu’étaient vos lectures lors de votre séjour au couvent ?
- Pour ma part, j’ai lu Walter Scott et encore aujourd’hui je l’apprécie énormément
- Ah, s’exclama Jeanne avec entrain, l’inventeur du personnage d’Ivanhoé! »
Mme Bovary sourit. Une lumière soudaine venait de s’allumer :
« C’est très juste par mafoi. »
Les deux femmes se turent et burent leurs thés en silence. Après cela, Emma commanda à un serviteur pour qu’il aille leur chercher quelques gâteaux et autres confiseries. Après quoi, elle rompit le silence :
« Oh Mon Dieu, s’écria-t-elle en prenant sa tête dans ses mains, quelle sotte idée que de s’être amouraché d’un médecin de campagne !
- Il faut bien reconnaitre la vérité, réponditMadame De Lamare avec tristesse, le mariage n’est qu’une illusion… Moi-même j’ai été marié à un jeune comte, il y a de cela quelques mois. Au début, je ne pensais qu’au bonheur, je m’imaginais qu’avec cet homme que la vie aurait enfin un sens… Au final et avec beaucoup de recul, je me rends compte à présent que cet homme présente tous les défauts : il est rustre, avare, dur et inconstant… »
Elle...
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