Dilemme

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  • Publié le : 7 mai 2011
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A la fin du XVIII ème siècle, Pierre, ancien page du roi, a toujours du subir ses vexations pour survivre et en a beaucoup souffert. La révolution ayant destitué son souverain, il retrouve une certaine liberté de mouvements qu’il n’avait encore jamais connu. Il hésite, ici, entre se mettre au service d’un nouveau maître ou profiter de ses rentes pour jouir de sa liberté nouvellement acquise.Dans cette scène, Pierre est vêtu d’un costume de tissu rouge très élégant symbole de son ancien statut, mais déchiré à plusieurs endroits. Le côté gauche de la scène représente en fond un château majestueux et extrêmement compliqué du point de vue architecturale. A droite une végétation luxuriante et paisible avec des papillons et des biches a été dessinée.
« Rien ni personne ne devrait en cejour être en mesure de choisir entre ces deux destinées : Travailler ou cueillir la vie qui nous est offerte ? Quelle terrible tentation vient ainsi m’appâter ! Ma résistance, effilochée au fil du temps, commence à faiblir devant mes espérances. Que faire et que choisir ? Quel terrible dilemme s’offre ainsi à nous, hommes ? D’un côté le doux chant de la paresse m’incline à céder, alors que de l’autrele tumulte de la pensée m’entraîne vers ma destinée ! Je suis né homme, et homme je resterais jusqu’à la fin de mes jours… (l’acteur prend alors sa tête entre ses mains dans un geste visible de désespoir) Etre un homme signifie-t-il devoir assumer la responsabilité de sa charge de connaissances et chaque jour rajouter au savoir commun ? J’aimerais tant laisser mes pulsions m’emporter et profiterde chaque instant de la vie. Elle est si courte que chaque moment se doit d’être savouré. Chaque saveur et chaque senteur de ce si beau monde recueille une infinité de miracles et de curiosités. Mon désir, sans cesse plus dévorant que se prolonge mon abstinence, vient me susurrer chaque nuit de me laisser emporter à cet océan de délices et de splendeurs avant que ne s’interrompe mon temps en cemonde. Le travail ne sert qu’à exploiter notre suffisance. A quoi sert de posséder tout le faste d’un empereur si c’est pour tomber de si haut ? Rien ne sert de se plaindre. La richesse et le luxe ne représente que le côté perverti de la nature humaine… Je peux aisément me contenter de mes rentes et vivre au gré de mon humeur ne me souciant que de temps à autre de ma survie tout en exploitant avecsimplicité mes rêves et mes espoirs. Les basses courbures de la cour ne seraient plus pour moi qu’un sujet fort plaisant d’amusement qui se transformerait rapidement en divertissant spectacle de sournoiserie. Toute ma vie j’ai erré sans but, alors que je comprends seulement à présent la solution à mon lourd problème. Aucun objectif humain ne peut être une fin en soi. (Le comédien garde alors unlourd silence pendant une dizaine de secondes pour imprégner de son malaise l’assistance. Et soudain il se relève et repart dans sa tirade.) Qui suis-je pour ainsi critiquer la science, la culture de plusieurs centaines de générations ? Qu’est-ce qui peut faire de nous un homme sinon notre capacité à choisir ? Pourquoi rejeter ma nature alors que je veux être en communion avec elle ? (tout en parlantil effectue le trajet inverse, vers le centre de la scène) Ma conscience de vivre ne me donne-t-elle pas un avantage certain sur les bêtes et autres créatures ? Si je me mettais au service d’un autre j’encourrais son courroux sans fléchir. (Il est à présent en plein milieu de la scène mais ne s’arrête pas pour autant. Son pas devient traînant, mais ses gestes dénotent une véritable déterminationde sa part.) Il me sermonnera, et pourtant je refuserai de courber l’échine. Il me menacera et je soutiendrai son regard avec toute ma dignité. Car enfin j’aurai compris que nul ne peut commander mon destin. Ce ne sera pas un nouveau maître que je servirai, mais bien plus. A travers mon travail, je participerai à l’avancée sociale et au progrès de notre grande civilisation… Je saurais m’en...
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