Discours de la servitude volontaire

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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L’auteur : Etienne de La Boétie

Biographie
Né en 1530 à Sarlat, Etienne de La Boétie est le fils d’un lieutenant particulier du sénéchal du Périgord. Issu d’une famille de petite noblesse de robe, il grandit dans un milieu éclairé puisque son entourage est principalement composé de bourgeois cultivés. L’enfant étant encore fort jeune à la mort de son père, il est élevé par un oncle quisurveille avec le plus grand soin l’éducation de son neveu.
La Boétie fait ses humanités au collège de Guyenne, que fréquentera par la suite Montaigne. Puis, après avoir étudié le droit à Orléans, il est reçu licencié en droit civil en 1553. A seulement vingt-trois ans, soit deux ans avant l’âge légal, il est nommé conseiller au parlement de Bordeaux. Montaigne devient son collègue en 1557, et c’estalors que s’établit entre eux une indéfectible amitié.
A partir de 1560, La Boétie est chargé par Michel de l’Hospital, récemment nommé chancelier de France par François II, d’intervenir dans diverses négociations pour parvenir à la paix dans les guerres de religion opposant Catholiques et Protestants. Lors des premiers troubles civils, il réagit avec sang-froid et fait preuve d’une relativemodération, comme en témoigne son Mémoire sur l’édit de janvier composé en 1562. Soucieux de voir préservées l’unité et l’harmonie du royaume, il juge difficilement concevable, en dépit de sa tolérance, l’existence de deux religions et de deux partis. Emporté par la maladie à l’âge de trente-trois ans, il confie à son inconsolable ami Montaigne ses ultimes volontés.

Oeuvre
Son œuvre, entièrementposthume, comprend des traductions de Xénophon (La Ménagerie) et de Plutarque (Les Règles de mariage), des poèmes latins et français d’un pétrarquisme des plus tempérés et, surtout, un traité politique écrit avec la fougue de l’adolescence et dont la fortune allait être considérable : le Discours de la servitude volontaire ou Contr’un.
En relation avec les membres de la Pléiade, Jean-Antoine deBaïf et Jean Dorat, La Boétie s’était ainsi essayé avec succès au métier des Muses. De « sa plus verte jeunesse » datent les Vingt-neuf Sonnets insérés par Montaigne au centre exact du livre I des Essais. Suivent les Vers François : inspirés par une flamme amoureuse aussi rude que sincère, ils sont dédiés à l’épouse fidèle, Marguerite de Carle, sœur du controversiste catholique Lancelot de Carle etveuve du frère de Montaigne. Une traduction versifiée de l’Arioste (Chants XXXII des Plaintes de Bradamant) commandée par la compagne exigeante, introduit à un canzoniere de vingt-cinq sonnets qui déclinent la vue, le nom, l’absence et la constance de celle pour qui il a nourri une sage et réciproque affection.
Composé à l’âge de dix-huit ans, au temps de la grande révolte paysanne de Gascognecontre la gabelle et à une époque où La Boétie n’avait en tête que les Moralia de Plutarque et les illustres exemples de Tite-Live, le Discours de la servitude volontaire a suffi à assurer la gloire posthume de l’écrivain. Très tôt, ce texte a été considéré comme un pamphlet antimonarchique invitant au tyrannicide. Prudemment, Montaigne avait plutôt proposé de ne voir dans cet écrit de jeunessequ’une « exercitation » rhétorique, une sorte de déclamation à l’antique. Ces hésitations sont bien la preuve de la complexité du Discours qui ne se laisse pas enfermer dans un genre particulier : il est tour à tour pamphlet, harangue et réflexion politique, comme si la difficulté de la question posée exigeait une grande plasticité rhétorique.

L’œuvre : Le Discours de la servitude volontaireHistorique de l’œuvre
Le mystère préside aux origines mêmes du Discours de la servitude volontaire : à lire les érudits, il semble que cet écrit ait d’abord connu une circulation restreinte entre les hommes libres, ceux « qui ne s’apprivoisent jamais de la sujétion ». Resterait à préciser les caractères sociaux et intellectuels de ce micro-milieu d’humanistes dont le plus prestigieux fut...
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