Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmis les hommes - j.j. rousseau

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  • Publié le : 24 mai 2011
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« Je ne vois dans tout animal qu’une machine ingénieuse, à qui la nature a donné des sens pour se remonter elle-même, et pour se garantir, jusqu’à un certain point, de tout ce qui tend à la détruire, ou à la déranger. J’aperçois précisément les mêmes choses dans la nature humaine, avec cette différence que la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l’homme concours auxsiennes, en qualités d’agent libre. L’un choisit ou rejette par instinct et l’autre par un acte de liberté ; ce qui fait que la bête ne peut s’écarter de la règle qui lui est prescrite, même quand il lui serait avantageux de le faire, et que l’homme s’en écarte souvent à son préjudice. C’est ainsi qu’un pigeon mourrait de faim prés d’un bassin rempli de meilleures viandes, et un chat sur des tasde fruit, ou de grain, quoique l’un et l’autre pussent très bien se nourrir de l’aliment qu’il dédaigne, s’il s’était avisé d’en essayer. C’est ainsi que les hommes dissolus se livrent à des excès, qui leur cause la fièvre et la mort ; parce que l’esprit déprave les sens, et que la volonté parle encore, quand la nature se tait.
Tout animal a des idées puisqu’il à des sens, il combine même sesidées jusqu’à un certain point, et l’homme ne diffère à cet égard de la bête que du plus au moins. Quelques philosophes ont même avancé qu’il y a plus de différence entre tel homme à tel homme que de tel homme à telle bête ; ce n’est donc pas tant l’entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l’homme que sa qualité d’agent libre. La nature commande à tout animal, et la bêteobéit . L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnait libre d’acquiescer , ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme (…) »
Explication de texte :
L’homme se distingue t-il spécifiquement de l’animal ?
Pour Jean-Jacques Rousseau, l’homme se distingue de l’animal par sa liberté de choix face à ce que lui impose lanature. Comparant tour à tour l’homme et l’animal, en étayant par des postulats et des exemples, il nous explique les fondements de sa thèse, afin d’amener à considérer le besoin d’une conscience de la liberté. L’auteur met en parallèle l’homme et l’animal, par rapport à leur relation avec la nature, puis par rapport à leur intelligence, pour mieux les différencier.
L’auteur nous propose en premierlieu sa définition subjective et restrictive de l’animal («je ne vois dans tout animal qu’une machine … »), amenant à ne considérer que cette vision. L’animal se limiterait à une machine « ingénieuse », qui, grâce aux sens dont il a été doté par la nature, peut se réguler et se protéger en partie. Il poursuit par une même definition subjective de l’homme (« j’aperçois … »), le matérialisant toutautant (« machine humaine »), mais en introduisant la notion d’ « agent libre ». L’auteur expose ici sa thèse par comparaison entre l’homme et l’animal pour mettre en évidence la liberté de l’homme. Néanmoins il ne précise pas clairement la différence entre l’animal et l’humain.
Effectivement, l’animal peut être assimilé à une machine, dont les commandes, les sens, le rendrait autonome. L’animalest dominé par sa seule nature, tandis que l’homme est acteur face à elle. Il a la faculté de choisir, de laisser parler la nature face à tout ce qui le concerne ou non. L’homme peut, par exemple, se méfier de ce qu’il sent, pour ne pas faire de fausses interprétations et trouver l’origine d’une odeur avant de réagir.
Pour poursuivre la comparaison, l’auteur oppose l’instinct de l’animal à laliberté de l’homme. La bête agit par instinct : cela ne suffit pas pour « s’écarter » de ce que lui dicte la nature. L’homme agit avec sa liberté de choix et peut donc la contourner. Les deux cas peuvent porter préjudice. Le paradoxe est ici que l’on puisse s’écarter de la nature ou qu’on ne le ne le puisse pas, cela peut causer des tords de la même manière.
Jean-Jacques Rousseau illustre ensuite...
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