Discours d'edmund burke

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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Introduction

La seconde moitié du XVIIIe siècle a été profondément bouleversée par deux grands événements : la Guerre d'Indépendance américaine et la Révolution Française. Ces deux événements constituent, en effet, des signes de l'extinction progressive de la monarchie absolue et de l'avènement de la démocratie.
Edmund Burke, né en 1729 à Dublin et décédé en 1797, a été comme tous les hommeslettrés de son temps, particulièrement influencé par ces deux faits marquants. En effet, il a d'abord été, au sein de la Chambre des Communes, un des leaders des Whigs qui soutenaient les droits du Parlement contre l'autorité monarchique et a ainsi, défendu une politique libérale favorable aux revendications des colons insurgés. Mais, il s'élève, par la suite, contre la Révolution Française et sespartisans britanniques ce qui provoque sa rupture avec le parti des Whigs et fait de lui un conservateur attaché à la société dans laquelle il vit.
Il expose sa critique de la Révolution dans les Réflexions sur la Révolution Française qui deviennent le fondement du conservatisme européen moderne et a, ainsi, influencé des penseurs français de la contre-révolution tels que Joseph de Maistre etLouis de Bonald. Dans cette œuvre, il se pose en défenseur de l'ordre établi et met en lumière les ressemblances de la démocratie et de la tyrannie, prédisant, ainsi, la dictature à laquelle devait aboutir la Révolution Française avec le Premier Empire.
L'extrait proposé se veut particulièrement représentatif de l'ensemble de l'ouvrage. En effet, Burke stigmatise tout au long de ce passage, lesprincipes véhiculés par la Révolution et plus particulièrement ceux de « droits de l'homme » et de régime représentatif tels qu'ils ont été définis dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Il s'attache, ainsi, une fois de plus, à fustiger le nouveau régime français dont l'œuvre législative est fondée sur des principes qu'il juge trop abstraits, principes qu'il dénonce avecautant de véhémence que leurs auteurs : les philosophes des Lumières.
Ainsi, nous analyserons, dans une première partie, les critiques du système représentatif français que Burke avance. Puis dans, une seconde partie, nous étudierons les reproches adressés aux philosophes des Lumières dont l'œuvre transparaît dans celle de la Révolution, du moins à ses débuts.

I. La représentation : un principeaux applications complexes et idéologiques

A. Un nouvel ordre français qui n'atteint pas l'objectif fixé par la Révolution

La Révolution Française, dont les principaux instigateurs ont été particulièrement influencés par les idées des Lumières, a voulu mettre en place un régime parfaitement représentatif et, a tenu, par l'abolition de la propriété, à faire prévaloir l'égalité.

1) Unereprésentation injustifiée

Burke s'oppose, avant tout, à cette frénésie qui a conduit les révolutionnaires à s'attaquer aux propriétaires fonciers et plus particulièrement aux nobles. Or, pour lui, seule une représentation fondée en grande partie sur la propriété peut être justifiée. En effet, parmi les principales revendications des Français, au moment de la Révolution figurait celle de pouvoirparticiper à la prise de décisions politiques – et non plus se voir imposer des décisions arbitraires dont l'initiative était celle d'un souverain omnipotent – qui s'est traduite par la volonté de créer une assemblée représentative sur le modèle des Etats-Généraux et dont les membres seraient désignés par le peuple. Les représentants ainsi choisis sont censés être les plus représentatifs du peuple etpouvoir prendre à leur place les décisions qui les concernent et qui doivent incarner l'Intérêt Général. Or, il semble absurde pour Burke, qu'un nombre restreint d'individus qui ne répondent à aucun autre critère que celui d'être citoyen, puissent prendre des décisions politiques au nom d'une hypothétique Volonté Générale qui procéderait de la Raison, et, ce, en vertu d'un vote auquel une...
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