Discours

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  • Publié le : 29 septembre 2009
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Le second Discours suit le Discours sur les Sciences et les Arts. Jean-Jacques Rousseau désormais célèbre commence à travailler en 1753 sur la nouvelle question posée par l'Académie de Dijon : "Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?".

Il précise sa pensée et lui donne un fondement philosophique et documenté. Il écrit une dédicaceélogieuse à la République de Genève dont il est fier d'être citoyen. Ce n'est donc pas toute société que Rousseau rejette. Cependant, il faut des moyens pour juger et comparer les sociétés. Comment ? En revenant à la nature de l'homme avant que l'histoire ne l'altère (Préface).

C'est l'état de nature et non l'état social qui rend compte du droit naturel et des fondements d'une société légitime.Rousseau s'attaque à deux paradoxes : comment l'homme a-t-il pu se dénaturer autant ? Comment sont nées des sociétés inégales, injustes, alors que l'état de nature et l'égalité naturelle dictent les conditions d'une société légitime ? Des circonstances extérieures ou des petites causes répétées sont responsables de ce "progrès" vers le pire. Rousseau tente de les reconstituer dans l''histoirehypothétique' qu'il propose.

Pour définir l'état de nature (Première partie), il faut remonter à la vraie origine et ne rien projeter de notre culture sur la nature. L'homme naturel est robuste. Il n'est pas encore un être rationnel, et n'éprouve que le souci de sa conservation (amour de soi). Vient-il à rencontrer un être sensible, il préfère le fuir et ne pas le perturber, par une " répugnance innéeà voir souffrir son semblable " : la pitié. Il est donc pacifique dans cet état, contrairement à ce que prétend Hobbes. Mais cette paix procède d'une ignorance et d'une indépendance mutuelles, car les hommes ne sont pas non plus sociables. Il n'épargnent leur prochain que retenus par le sentiment de pitié, et non par un raisonnement sur la loi naturelle. Isolé, heureux et autosuffisant l'hommen'a pas de raison de sortir de cet état.

Pourtant il l'a fait (seconde partie). Des hasards, des besoins nouveaux font que les hommes se fixent peu à peu en famille, et augmentent leurs dépendances par de nouvelles commodités. La pratique de l'agriculture oblige d'établir le droit de propriété pour garantir la possession des terres et du travail. Mais bientôt les abus et les rapines entraînent lerassemblement des hommes en société : ils passent un contrat. Celui-ci entérine l'inégalité de richesse préexistante. Puis la délégation du pouvoir aux magistrats pour faire respecter les lois dégénère elle aussi. Le dernier stade de la corruption de cette histoire effrayante des progrès de l'homme et de son esclavage est celui du gouvernement despotique et arbitraire, où la légitimité esttotalement usurpée. On est revenu au droit du plus fort : nouvel état de nature qui ressemble cette fois à la guerre de tous contre tous de Hobbes.

Plutôt que pessimiste, ce discours se veut rigoureux et réaliste : il n'est pas question de " retomber à quatre pattes ", ni de retourner à l'état sauvage qui ne fascine Rousseau qu'autant qu'il est perdu à jamais. De plus " l'homme est naturellement bon". Le mal de la société étant chose faite, il faut retarder la catastrophe. On peut tout au plus chercher à restaurer la légitimité sociale. Le Contrat Social systématisera les bases politiques jetées ici.

Première édition : Rey en mars-avril 1755.

Extrait du "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité"
"Je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalité, l'une, quej'appelle naturelle ou physique, parce qu'elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps et des qualités de l'esprit, ou de l'âme, l'autre, qu'on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste...
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