Disqualification sociale

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  • Publié le : 20 novembre 2011
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Exposé de Sociologie Urbaine

« Fragilité et apprentissage de la disqualification sociale » (pp. 53-82), Serge Paugam, La Disqualification sociale, essai sur la nouvelle pauvreté, 1997 (1991).

Introduction :
Problématique : Qu’est qui caractérise le groupe des fragiles ? Analyse de cette catégorie
Hypothèses : Les fragiles se caractérisent par une précarité économique liée dans laplupart des cas à des statuts juridiques infériorisés : stage de formation, emploi à durée déterminée, chômage etc. Les fragiles bénéficient d’une intervention sociale ponctuelle en raison essentiellement de difficultés financières.
Méthode d’enquête utilisée : Vingt-trois personnes correspondant à la catégorie des fragiles ont été interviewées, soit au total dix-huit ménages. Ces personnes ont toutesété rencontrées et aidées entre 1986 et 1987, soit par le service social de leur secteur soit par le CCAS de Saint Brieuc.

Présentation et analyse du texte :
L’humiliation : les chômeurs issus des catégories sociales modestes éprouvent un sentiment profond d’humiliation dû à un fort attachement au travail. Il en résulte donc une crise du statut créée par ce chômage et par l’humiliation. Cespersonnes ont ainsi un fort attachement à la « valeur travail ». Sans travail ils se sentent déshonorés et sans dignité. Ils sont dépourvus d’un élément structurant leur vie.
Dans son enquête, sur les 23 personnes interviewées seules onze d’entre elles sont au chômage. On pourrait donc penser que les autres n’ont pas ce problème de crise de statut. Or c’est également le cas. Les autres personnesinterrogées ont une activité mais sont également insatisfaits car celle-ci reste précaire. Ils ont conscience que l’activité qu’ils exercent correspond à une forme intermédiaire peu valorisante entre le chôme et l’emploi classique. « Ils ne sont pas dupes et savent la différence entre « vrai » et « faux » emploi.
L’auteur insiste largement sur fait que, pour ces fragiles, le travail est le modeprivilégié de l’expression de soi dans la société. Le travail est donc essentiel pour la construction et l’expression de leur identité. Quand on leur demande ce que signifie pour eux réussir sa vie, tous répondent que c’est d’avoir un travail correct ou définitif.
Ce sont donc des personnes fortement motivées pour travailler. Elles désirent une reconnaissance sociale liée au travail.
D’unemanière générale Paugam explique que l’activité professionnelle assure tout à la fois une sécurité matérielle et financière, des relations sociales, une organisation du temps et de l’espace. Le statut de l’emploi conditionne ainsi toutes les dimensions de la réussite sociale : vie familiale, satisfaction des besoins matériels etc.

Paugam va distinguer de types de fragiles :
Fragilitéintériorisée :
La honte :
L’infériorité sociale de ces personnes se traduit par l’humiliation, le désarroi. Elles sont marquées par l’angoisse de l’échec. L’absence de perspectives professionnelles rend leur existence insupportable. Elles vont alors adopter une attitude de repli et de distanciation sociale. Elles ont peur d’être assimilées à des cas sociaux car pour elles cela relève d’un sentiment dehonte. Ce sont des personnes qui ont connu une situation stable avec des conditions de vie satisfaisantes, marquée par une aisance matérielle, mais qui l’on perdue. Cela représente pour elles un échec terrible. Etre aidé par des travailleurs sociaux les place dans une situation de déchéance. Elles supposent que tous leurs comportements quotidiens sont interprétés par les autrui comme des signesd’infériorité. Certaines disent être traitées comme des « pestiférées »
L’angoisse de l’échec est encore plus forte lorsque l’infériorité sociale induit également une disqualification de l’habitat dans lequel on est contraint de vivre. Certaines personnes ressentent un malaise lorsqu’elles doivent révéler leur adresse. Certaines d’entre elles avouent avoir honte d’habiter dans une cité dégradée....
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