Disseratation sur "letyran eternel'' patrick grainville

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1130 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 novembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Dissertation : LE TYRAN ETERNEL, Edition: Seuil , (1998), Patrick Grainville.
Effectuée par Bissaya Romaric, étudiant en Lettres Modernes Françaises III, Université de Yaoundé I (Cameroun).
SUJET : Comment Patrick Grainville procède t-il pour abroger les discours structurellement idéologiques autour du contexte colonial ?Vous illustrerez cela à partir de cette œuvre de Grainville.

Si la littérature est un art du langage, à proprement parler, elle en est aussi un vecteur d’idées à telle enseigne qu’elle conditionne les esprits tout en démystifiant le mystique, mais aussi en construisant les mondes nouveaux à partir des anciens. Lorsqu’on aperçoit dans son immédiateté lecontexte colonial, il est patent que ce qui morcelle le monde c’est d’abord le fait d’appartenir à telle race ; à telle communauté. A partir de ce contexte, l’on pourrait parler de littérature trilogique ; ou mieux encore d’une littérature basée sur trois plans à savoir une littérature colonialiste (celle qui s’évertue à justifier et à légitimer l’action coloniale); une contre littérature diteanti-colonialiste (celle de dénonciation ; de combat ; de démystification ; de délégitimation) et enfin, une littérature postcoloniale ( littérature de dérision ; du désenchantement ; du comique et de la désillusion); même s’il existe encore des estampilles de l’action coloniale à travers ce règne permanent du délire de persécution avec des mentalités tribales et racistes et même du chauvinisme, plusieursauteurs comme Edward W. Saïd, L’orientalisme. L’orient créé par l’Occident ; Frantz Fanon, Peau noire masque blanc pour ne citer que ceux là, ont eu le mérite d’avoir contribué à mieux définir l’idéologie postcoloniale car ici, ce ne sont plus les conquérants occidentaux, mais des locaux qui ont pu perpétuer la conquête de leurs prédécesseurs. C’est sans doute ce qui a motivé cette question quiest de savoir comment Patrick Grainville dépolitise t-il les discours constitués? Ou encore comment procède t-il pour abroger les discours structurellement idéologiques? Autrement dit, quels sont les moyens usités par l’auteur pour mettre fin aux différents modes de pensées? Les réponses à cette préoccupation feront l’objet de notre analyse.

PAGE 1°
Le termepostcolonial ; au delà des définitions savantes qu’on peut lui apporter peut s’entendre certes, comme ce qui vient après la colonisation, mais surtout c’est un discours de déconstruction qui s’attaque aux modes de perceptions et aux représentations du colonial, bref un contre discours (étant une sorte d’écriture iconoclaste d’un monde qu’on a voulu blanchir ou noircir). LE TYRAN ETERNEL s’inspire de lathéorie postcoloniale ; c’est une littérature dans laquelle on tourne en ridicule les personnages, les modes de pensées et d’action du monde colonial.
D’entée de jeu, le titre de ce roman de 313 pages nous donne déjà une lecture de l’immortalité d’un dictateur et même dès le texte d’ouvroir, l’on assiste à l’évalescence d’une figure primordiale : Houphouët-Boigny ; ex-président del’Etat ivoirien qui érigea Yamoussoukro son village natal en capital, ainsi que sa basilique à l’image de celle de Rome.
Disons que, l’auteur de ce roman s’appuie les motifs de la postcolonisation pour mettre fin aux différentes idéologies autour du contexte colonial. C’est ainsi que nous aurons l’autodérision du héros narrateur Houphouët-Boigny qui prend son nom propre « Houphouët » pour son sobriquet « Dia » et son sobriquet pour nom propre car il affirme : « Même si le sobriquet qui me fut attribué dès ma naissance, en même temps que le nom de Dia, c’est Houphouët, qui veut dire ordure, tas d’ordures » (P.60). C’est ainsi que dans toute l’ouvre on assiste à la « démythologisation » du héros qui apparaît ici comme un mythe : «  Houphouët, l’excrément, oui, la...
tracking img