Dissert.grat

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1754 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 2 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction
« C’est l’exception qui confirme la règle » : cette idée reçue se présente comme un paradoxe. En effet, une règle, par définition, prétend établir une prescription qui s’applique à tous les cas ; or une exception est justement un cas qui échappe à cette règle. Comment un casparticulier qui s’oppose à une règle peut-il en même temps la confirmer ? Dans ce texte extrait de L’Utilitarisme, Mill va tenter de concilier la règle de ne pas mentir avec la possibilité de déroger à cette règle sans que celle-ci perde pour autant de sa valeur. Ainsi, il explique d’abord en quoi dire la vérité est nécessaire au bonheur social. Puis il en déduit que vouloir enfreindre cette règle de nepas mentir pour son bonheur personnel ne peut qu’être un mauvais calcul. Se pose alors le problème des vérités explicitement destructrices : comment concilier ces exceptions avec l’interdit de mentir ? L’auteur y répondra par la reconnaissance de l’exception en tant que telle.

1. L’interdit moral du mensonge fonde le bonheur social
A. Le mensonge détruit la confiance en autrui La confianceest un sentiment qui fait que l’on se fie, que l’on croit en quelqu’un. Se fier à quelqu’un consiste d’abord à croire en sa parole, c’està-dire penser que ce qui est dit renvoie à ce qui se trouve dans la réalité. Par exemple, lorsqu’on a confiance en quelqu’un, on croit qu’il va tenir ses engagements. Ici, la parole est directement liée d’une part à la vérité, comme correspondance entre ce qui estdit et la réalité, et d’autre part à l’action, comme possibilité de faire ce qui est dit. Dès lors s’écarter de la vérité, par le mensonge par exemple ou « même sans le vouloir », comme lorsqu’on est dans le domaine de l’opinion, de la généralisation abusive, discrédite la valeur de la parole. En effet, elle n’aurait plus la fonction de renvoyer à la réalité alors que l’on doit toujours parler «de » quelque chose. Mais la parole est aussi intentionnelle puisque l’on parle toujours « à » quelqu’un, on s’adresse à une personne avec une certaine intention. De ce fait la parole, en perdant sa fonction expressive, ferait perdre du même coup la confiance en celui qui l’énonce. Si ce n’est plus un « homme de parole », on ne peut plus compter sur lui, on ne peut plus lui faire confiance.
©HATIER B. Or cette confiance est nécessaire au progrès et au bonheur de la société Ainsi, lorsque la parole perd de sa valeur, on se méfie de l’autre, ce qui ne peut que diviser socialement. Selon Hobbes dans le Léviathan, l’homme à l’état de nature se méfie de l’autre. Et comme son intelligence lui donne un pouvoir d’anticipation sur les actions d’autrui, il l’agresse en prévision de dangerséventuels. En ce sens, la méfiance engendre le conflit. A contrario, cette confiance est nécessaire au bonheur social. Croire en la parole de l’autre est un facteur de paix sociale. La confiance elle-même s’entretient par un certain nombre de preuves, elle s’éprouve. Dès lors, une confiance ébranlée plonge la société dans un climat d’insécurité, donc de peur et d’agressivité, ce qui ne peut que nuire au« progrès » de la civilisation (avec par exemple l’établissement d’un droit international) et à sa « vertu » (comme la possibilité de rester honnête, même lorsque le pouvoir est en jeu), deux choses dont le « bonheur humain dépend ». Ainsi, l’état de satisfaction général que peut éprouver l’homme dépend ici d’abord de sa situation sociale et morale car elle est directement liée aux rapports quel’homme entretient avec autrui et dont le langage semble être l’instrument. Mais le bonheur individuel, lorsqu’il consiste à protéger ses intérêts privés, même au prix du mensonge, ne pourrait-il pas être supérieur au bien-être social ?

2. Il en résulte que le mensonge, même s’il semble personnellement bénéfique, sera toujours un mauvais calcul
A. On peut vouloir mentir pour son bonheur...
tracking img