Dissert

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  • Publié le : 25 février 2010
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Ce sont là deux termes à la fois opposés et complémentaires.
Fuir la réalité : parler de voyages, de rêves ... (Rimbaud notamment). > Dissertation portant sur la poésie qui permet à son auteur > de "fuir" la réalité et de s'évader d'un monde qui le rend malheureux, > en créant un autre univers grâce à la magie de l'écriture poétique.
S'en rapprocher: dénoncer des injustices(surtout Hugo), > donner une morale -apologue- (La Fontaine)
Parler d'amour peut-être pour les deux, s'imaginer dans les > bras de l'être aimé, ou décrire cet passion dévorante que l'on > ressent ...
L'époque romantique cherchait > à quitter la réalité, tandis que la Pléiade s'en rapprochait > en essayant d'appliquer les idées humanistes.
Poésie et réalité entretiennentdonc —depuis le milieu du XIXème siècle surtout— des rapports de plus en plus étroits, tellement étroits que la relation du poète au réel va s’avérer partie prenante et décisive d’un mouvement qui conduit la poésie à se retourner sur et contre elle-même, contre le « poétisme » en tout cas et contre les « vieilleries », ainsi que nous pourrons en juger au fil de ce cours.
Opposés:
Un rapportréactif / amoureux / prospectif / métaphorique:
Le poète, dirait-on, a la tête dans les nuages (ce à quoi Victor Hugo répondait, au temps des Châtiments, « soit, le tonnerre aussi! »); c’est un « rêveur » qui se plaît parmi les chimères. Son désir et son inspiration, avant tout, le conduisent à fuir la réalité, à s’en échapper, à l’instar de Mallarmé s’exclamant dans « Brise marine ».
Le poète,semble-t-il, tourne le dos à la réalité. A la rigueur est-il celui qui, par son travail, va s’attacher à embellir la réalité, et non pas la considérer telle quelle (or, nous verrons que ce n’est pas le cas chez certains poètes de ce demi-siècle).
Ce refus de la réalité —que l’on pourrait qualifier de « romantique »— fut le propre de la poésie dite « lyrique », centrée sur la vie affective dusujet.
Mais la réalité à laquelle le poète doit se mesurer, ce n’est pas seulement la « réalité de son temps », c’est, plus largement, la réalité tout entière. C’est la nature, c’est le monde, ce sont les êtres, « les parfums, les couleurs et les sons ». C’est donc aussi bien une réalité qui émeut, qui excite ou qui enchante et qui va devenir objet de célébration.
Rimbaud n’a cessé de chercher« le lieu et la formule ». Quand il s’exclame « Nous ne sommes pas au monde », il sous-entend que nous devons le trouver, et, comme l’ajoute Claudel, « reconquérir notre état primitif de fils du soleil ». Rimbaud s’est rêvé « étincelle d’or de la lumière nature ». Il a fondé toute sa poésie non sur le sentiment, mais sur la sensation. En cela, son oeuvre marque une étape importante vers la sortiedu romantisme. Mais elle est encore prisonnière d’une espèce de mystique de la surhumanité poétique (le poète comme « voleur de feu »), une mythologie de la voyance et de l’invention qui fait de lui un « surréaliste » avant la lettre et qui lui barre (de délires) l’accès à la réalité.
Pour reprendre deux de ses mots favoris et deux titres de ces poèmes, l’oeuvre de Rimbaud est{text:soft-page-break} à la fois une « fête de la faim » et une « comédie de la soif ». Peut-être peut-on penser la poésie à partir de ces deux mots:
— la faim de la réalité : du sensible, de la sensation, des « nourritures terrestres » : tout ce qui vise la matérialité, le « parti-pris des choses »
— la soif de l’idéal, de l’absolu, de l’ailleurs et de l’azur: tout ce qui relève du désir et se rapporte àl’impossible.
Encore cette opposition entre la soif et la faim, entre le désir de l’idéal et l’appétit de la réalité n’est-elle pas suffisante pour définir ce qui est en jeu dans l’expérience poétique.
Ce qui est très largement en jeu dans l’expérience poétique c’est la quête de la présence. Pas seulement le contraire de l’absence, mais aussi le contraire de l’exil. La poésie cherche la...
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