Dissert

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  • Publié le : 3 avril 2011
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Préface
Les fables sont de courts récits poétiques écrits en vers plutôt qu’en prose ayant pour but d’instruire ; les fables comportent chacune une morale. Cette morale peut être explicite (exprimée à la fin ou, plus rarement, au début du texte) ou implicite (c’est au lecteur de la déduire, elle est insinuée). La fable se caractérise par l’usage de personnages symboliques : souvent des animaux,ou des personnages fictifs caractériels. Elle résulte souvent à un comique de situation et des dialogues vifs.
Jean De La Fontaine (1621-1695), poète français de la période classique, est encore aujourd’hui connu principalement pour ses fables, contées aux enfants dès le plus jeune âge. Elles furent écrites au nombre de 243 entre 1668 et 1678, publiées en 3 recueils, chacun regroupant un nombrevariable de « livres », eux-mêmes regroupant les fables en nombre variable. Le premier de ces recueils fut publié en 1668 et dédié au Dauphin (Louis de France). Il regroupe les livres I à VI des éditions actuelles, et dans ce recueil La Fontaine insiste sur ses intentions : « je me sers d’animaux pour instruire les hommes ». Le deuxième fut publié en 1678, correspondant au livres VIIà XI actuels. Il était dédié à Madame De Montespan, maîtresse du Roi. Le dernier recueil fut publié en 1693. Il correspond au livre XII, et fut dédié au Duc de Bourgogne (petit-fils du Roi). Dans ses fables, La Fontaine aborda beaucoup de thèmes différents, tous dans le but d’instruire et de corriger le défaut de l’Homme. C’est pourquoi cette anthologie regroupecinq fables de thèmes très différents, chacune accompagnée d’une illustration. Ces illustrations on été réalisées spécialement pour ces fables, par Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), peintre et graveur français, et Jean-Ignace-Isidore Gérard (1803-1847), connu sous le pseudonyme de J.J. Grandville, caricaturiste français.

Le loup devenu berger

Un Loup, quicommençait d'avoir petite part
            Aux Brebis de son voisinage , Crut qu'il fallait s'aider de la peau du Renard,
            Et faire un nouveau personnage.
Il s'habille en Berger, endosse un hoqueton,
            Fait sa houlette d'un bâton,
            Sans oublier la cornemuse.
            Pour pousser jusqu'au bout la ruse,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau:
C'est moi qui suis Guillot, Berger de ce troupeau.
            Sa personne étant ainsi faite,
Et ses pieds de devant posés sur sa houlette,
Guillot le sycophante approche doucement.
Guillot le vrai Guillot, étendu sur l'herbette,
            Dormait alors profondément.
Son Chien dormait aussi, comme aussi sa musette :
La plupart des Brebis dormaient pareillement.            L'Hypocrite les laissa faire,
Et pour pouvoir mener vers son fort les brebis,
Il voulut ajouter la parole aux habits,
            Chose qu'il croyait nécessaire.
            Mais cela gâta son affaire,
Il ne put du Pasteur contrefaire la voix.
Le ton dont il parla fit retentir les bois,
            Et découvrit tout le mystère.
            Chacun se réveille à ce son,
            Lesbrebis, le Chien, le Garçon.
            Le pauvre Loup, dans cet esclandre,
            Empêché par son hoqueton,
            Ne put ni fuir ni se défendre.
Toujours par quelque endroit fourbe se laissent prendre.
            Quiconque est Loup agisse en Loup ;
C'est le plus certain de beaucoup.
Jean De la Fontaine
(Livre III, fable 3.)

« Le loup devenu berger » J.J. GrandvilleLa femme noyée |
Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n'est rien ;
            C'est une femme qui se noie.
Je dis que c'est beaucoup ; et ce sexe vaut bien
Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie;
Ce que j'avance ici n'est point hors de propos,
              Puisqu'il s'agit dans cette fable
              D'une femme qui dans les flots
Avait fini ses jours par un sort...
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