Dissert

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  • Publié le : 27 avril 2011
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changer : Modifier, transformer, rendre autre.
désir : Ensemble des phénomènes organiques et psychologiques qui me poussent à posséder un objet en vue d'en tirer plaisir. Cet objet peut être matériel ou non.
ordre : L'ordre naturel repose sur des lois que la raison est capable de découvrir. L'ordre social repose sur des décrets qui, idéalement, devraient être des décrets de la raison etqui, de fait, dépendent plus des circonstances, d'intérêts politiques, économiques ponctuels.
monde : Ensemble des réalités matérielles qui constitue l'univers, mais aussi le monde humain, les relations entre les hommes.
Le monde est là toujours présent, il est ce qui s’offre à nous et ce devant quoi l’homme est placé et qu’il doit accepter puisqu’il y est d’office projeté. Cependant l’hommepeut toujours concevoir le monde autrement que comme il est, il peut l’imaginer comme il n’est pas afin de combler ses envies et ses manques, une projection de ses désires en somme. Nous savons que malgré tout l’homme est parvenu  à transformer des parcelles du monde de manière à satisfaire ses désirs et sa curiosité. C’est ainsi que se sont créés de nouveaux manques.  Nous retrouvons Descartesqui nous conseille de changer nos désirs plutôt que l’ordre du monde, puis plus loin dans son ouvrage philosophique, il nous annonce au contraire que l’homme doit devenir « maître et possesseur de la nature ». Comment comprendre cette prétention à vouloir changer le monde, faut il privilégier la loi du désir ou la loi du monde ?
1 Les raisons pour lesquelles ce sont les désirs qui doivents’adapter au monde.
A – Le désir anime l’homme d’une manière particulière. A la différence du besoin qui doit être satisfait, le désir semble être tout à fait superflu, dispensable. Ainsi, si on doit privilégier l’un des deux types de manques, c’est bien évidemment le besoin qu’il faut favoriser, puisqu’en quelque sorte, le choix ne se pose même pas : il faut parer au nécessaire. Le problème que pose ledésir, c’est qu’il mobilise une grande énergie pour chercher sa satisfaction, sans jamais la trouver. Il peut donc être considéré comme une perte d’énergie et comme une source de déception : consacrer son temps au désir, c’est alimenter un puits sans fond, investir à fonds perdus et se préparer la déception : on le verra, le désir n’a pas d’objet, et la première conséquence qu’on peut en tirer, c’estqu’il ne faut pas lui accorder de valeur. S’il faut choisir, dès lors, entre l’ordre d’un monde qui, de toute façon, s’impose et la fluctuation d’un désir instable, il semble bien que la raison réclame qu’on change nos désirs, en les réduisant tout simplement.B – C’est la raison pour laquelle une part importante du discours sur le désir consiste à le désenchanter. En effet, si le désir a unindéniable pouvoir de « charme », c’est parce que le plus souvent, il n’est simplement pas pensé. Même s’il se manifeste a priori comme un manque, c’est un manque enthousiasmant puisqu’il promet ou il fait espérer en un gain par rapport à la stricte nécessité un peu austère du besoin. Ainsi, le désir est une promesse de lendemains qui chantent, suffisamment enthousiasmante pour qu’on le perçoive commepositif. Ce sera une des grandes originalités du stoïcisme (dont Descartes s’inspire dans la troisième partie du Discours de la méthode) que d’affirmer que le désir dépend de l’homme à partir du moment où celui-ci a compris que l’objet du désir, lui, lui échappe. La clé d’une liberté véritable, c’est justement d’établir correctement la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépendpas et ne s’attacher qu’à ce qui est en notre pouvoir. Or, dans la confrontation entre l’homme et le monde, le stoïcisme s’en remet à l’évidence : l’ordre du monde ne peut pas être changé. C’est même là l’un des fondements les plus solides de cette philosophie : il existe un ordre de la nature qui produit dans le monde ce qu’on peut appeler une nécessité : les phénomènes n’ont pas lieu par...
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