Dissert

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  • Publié le : 19 mai 2010
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PRINCETON – Angoissés, investisseurs et décisionnaires sont obsédés par les analogies avec la grande dépression. Mais la leçon de 1931 n’est qu’en partie financière et économique. La crise financière de 1931 n’a été si ample et si destructrice que parce qu’elle s’est jouée sur une scène géopolitique.
Deux surprenantes conclusions émergent des débats actuels, mais l’une d’entre elles seulement aété totalement assimilée. Tout d’abord, une importante action du secteur public est nécessaire. Ensuite, une telle action est compliquée parce dans un monde globalisé, le besoin d’aide dépasse les frontières.

Premièrement, les solutions du secteur privé ont été tentées mais ont échoué dans un laps de temps d’une brièveté surprenante. La consolation la plus fréquemment évoquée dans ce genre desituation est qu’une crise vraiment mauvaise a un effet purgatif. Les entreprises insolvables ferment, les créances douteuses sont annulées et les prêteurs peuvent se remettre à prêter dans un climat de confiance renouvelé.

Hank Paulson, venu au ministère des Finances américain depuis Goldman Sachs, la banque d’investissement la plus solide des États-Unis, a fait le pari de la purge en laissantcouler Lehman Brothers. Il soutient que les États-Unis ne sauraient tolérer une culture du renflouement. Un rejet ferme par le gouvernement devrait être considéré comme un signe que la plus grande partie de l’économie américaine est fondamentalement solide, et que les marchés financiers américains sont assez subtils pour identifier de bonnes pratiques commerciales.

Andrew Mellon, le ministre desFinances américain de la grande dépression, était lui aussi un titan de la finance. Sa réaction immédiate face à la panique des marchés boursiers de 1929 est devenue célèbre : “liquidez la main d’œuvre, liquidez les actions, liquidez les fermiers, liquidez l’immobilier… éliminez la pourriture du système.”

Il apparaît déjà clairement que le pari très risqué de 2008 n’a pas été plus payant quecelui de 1929. Au contraire, l’échec à pratiquer un sauvetage en a rendu d’autres nécessaires : celui d’AIG, et de HBOS en Grande-Bretagne. Ce n’est sans doute pas terminé. Des listes circulent, annonçant quelles seront les prochaines institutions à tomber – ou à être ramassées. L’analogie la plus appropriée pour ce genre d’ambiance est le Dix petits nègres d’Agatha Christie, dans lequel chaquemeurtre augmente le niveau de paranoïa.

Dans un système financier atteint d’une telle démence, seules des institutions aux ressources quasi-infinies sont capables de résister à la tempête. De telles institutions peuvent en théorie être des organisations qui s’aident entre elles, comme des ensembles de banques puissantes. Le ministère des Finances américain a d’ailleurs tenté de monter un telensemble le dimanche 14 septembre.

Mais dans un climat de profonde incertitude, l’auto-entraide ne suffit pas. Les gouvernements ou les banques centrales sont nécessaires, car ils sont les seuls à être à la fois assez grands et assez rapides. Ils étaient seuls capables de venir en aide aux organismes de refinancement hypothécaires américains Fannie Mae et Freddie Mac, puis de passer à AIG.

Ladeuxième question est : quel genre de gouvernement est à la hauteur ? N’importe lequel n’en est pas capable. Les gouvernements européens de taille moyenne peuvent sans doute sauver des institutions européennes de taille moyenne, mais dans le cas de conglomérats financiers vraiment conséquents au coeur du système financier mondial, il est probable que seuls deux gouvernements ont suffisamment depuissance pour agir : les États-Unis et la Chine.

Dans le même genre de circonstances lors de l’effondrement financier de 1931, seul un nombre limité de gouvernements pouvait être efficace. La Grande-Bretagne, ancienne super-puissance économique, était trop épuisée pour aider quiconque. Les réserves mondiales étaient massivement stockées aux États-Unis.

Par conséquent, la seule issue possible...
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