Dissertation Albert Camus

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  • Publié le : 25 mai 2014
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Dissertation
Albert Camus

146 av J.-C. dans une salle d’un théâtre grec, un vendredi soir, l’émotion vis-à-vis du spectacle est à son comble ; Médée, fille d’Aétès et d’Idye s’apprête à tuer ses propres enfants! Le public est composé de tout type de personnes, jeunes et vieux, femmes et hommes, tous étant inconscients de se réjouir de cette scène criminelle et de n’être venu uniquementdans ce but.
Un matin de janvier, aux heures de pointe, à la Une du journal « 20 minutes »: « Après avoir poignardé sa femme à coups de hache, il la noie dans le lac Léman !». Dans le train, cinq personnes lisent ce même article. Ceux qui n’ont pas accès au journal essaient de lire le titre par curiosité et sont intrigués. Certains iront peut-être même se procurer un exemplaire du journal à lasortie du train.

« Les matchs du dimanche dans un stade plein à craquer et le théâtre, que j’ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits du monde où je me sente innocent. ». Albert Camus, La Chute

Depuis toujours, l’homme est attiré par les histoires ou faits choquants et horribles. Remarquant peut-être que ces histoires touchent les autres et nous épargnent, cela nous rassureet nous donne le sentiment d’être protégé.
Vous avez déjà probablement connu cet état de soulagement lorsque vous lisez un article effrayant et que vous savez, heureusement, que cela ne vous concerne pas et donc vous épargne.
Pendant l’espace de quelques minutes, le poids de la peur que vous gardiez en vous depuis toujours s’attenue; un sentiment de liberté, de vide, comme si tout ce que vousgardiez caché au fond de vous sortait d’un seul coup. Cet état d’innocence que l’on a immanquablement éprouvé lorsqu’on était enfant, alors que tout nous semblait beau. Cette émotion éprouvée, devient un état que l’on recherche par la suite, et ce durant toute sa vie.
D’après l’énoncé précédant, tiré du roman La Chute d’Albert Camus, ce dernier retrouvait cette émotion dans le spectacle des matchsde football et le théâtre.
Albert Camus, né en 1913, d’origine algérienne était un artiste aux multiples facettes : écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, nouvelliste et journaliste militant engagé dans la résistance libertaire française. Pour lui, se rendre au théâtre ou aux matchs de football lui permettait d’oublier sa culpabilité, son quotidien, ses peurs, et peut-être la situationpolitique du moment, cela le ramenait à l’enfance, à l’innocence, comme s’il s’échappait un instant au « rouleau compresseur » de la vie.
Afin de mieux comprendre l’énoncé, on peut se poser les questions suivantes : En quoi les matchs du dimanche et le théâtre sont-ils les seuls endroits ou Albert Camus se sentait innocent? Pourquoi sommes-nous à la recherche de cette émotion lorsque nous sommesspectateurs des tribulations de la vie? Pourquoi sommes-nous en constante recherche de cette innocence éprouvée lors de l’enfance? En quoi l’innocence nous fait-elle éprouver du bien-être? Est-ce que cet état nous renvoie à la culpabilité qu’induit notre condition humaine ?


Nous sommes donc face à deux types de spectacles qui provoquent le même effet chez Albert Camus. Mais en quoi le théâtreet le football peuvent-ils être mis en parallèle ? Premièrement, ces deux formes de spectacles peuvent se présenter sous un aspect assez similaire : une scène ou un stade, là où se passe le spectacle, le public, étant assis sur des gradins ou dans une arène. Ce dernier est donc toujours spectateur d’une scène qui se passe en face de lui.
En faisant des recherches sur le football, on trouve quec’est un sport d’une grande violence, qui peut être physique et verbale. Les joueurs se font plusieurs coups bas entre eux, bien que la violence physique ne soit pas tolérée, le but étant de vaincre l’équipe adverse à tout prix.
Prenons maintenant l’étymologie et la définition du mot théâtre (du grec Thaw : « contempler ») : un lieu de spectacle où l’on se contente de regarder. Le public est...