Dissertation arnolphe

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  • Publié le : 22 avril 2010
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A1 Tout d’abord, Arnolphe semble bien être la victime du destin.
I1 Il a poussé la démesure jusqu’à se substituer à Dieu et se créer une épouse totalement dévouée à son seigneur et maître : « ainsi que je voudrai je tournerai cette âme : Comme un morceau de cire entre mes mains elle est ». Pourtant, il sent bien qu’il est soumis à une force supérieure qui le dépasse et qui le poussera à sa perte: « …s’il est écrit qu’il faille que j’y passe… » ; « … l’astre qui s’obstine à me désespérer… » ; « …bourreau de destin… ».
R1 Arnolphe se présente donc comme soumis au destin, à la fatalité, comme tout héros tragique.
A1 Chaque intrusion du tragique dans le vocabulaire du personnage est désamorcée par l’explosion du comique.
I1 acte V scène 4. Nous ne pouvons sympathiser totalement avec lasouffrance d’Arnolphe, dans la mesure où ses élans d’amour et de désespoir sombrent aussitôt dans le ridicule. Prenons pour exemple la scène déjà analysée précédemment (
Acte V scène 4. Les élans amoureux d’Arnolphe sont annulés par le vocabulaire animalisant Agnès : « mon pauvre petit bec » ; « je te bouchonnerai… ». Cette dernière expression tombe d’ailleurs dans la grossièreté.
R1 Nouscomprenons donc qu’à travers le personnage d’Arnolphe, Molière cherchait avant tout à faire rire. A1 Cette correction s’effectue par la critique de l’ordre bourgeois.
I1 Vis-à-vis d’Agnès, Arnolphe se comporte comme un avare vis-à-vis d’un trésor. Il est donc le contraire d’un conquérant, d’un séducteur prestigieux. Son arme est une morale sévère fondée sur la religion la plus rigoureuse alors qu’ilse laisse aller aux élans sensuels les plus vulgaires (« je te bouchonnerai, baiserai, mangerai »). Il n’est qu’hypocrisie.
R1 On ne saurait douter que Molière a représenté à travers Arnolphe, cette bourgeoisie vulgaire, égoïste, tricheuse, dont il s’était échappé et qu’il détestait.
A2 Alors, tout naturellement, il use du registre tragique.
I2 Le vocabulaire de la passion amoureuse appartientà ce registre. Nous le trouvons largement développé à l’acte V scène 4, alors qu’Arnolphe tente de persuader la jeune Agnès, de l’aimer. Nous relevons les exemples suivants : « ma tendresse » ; « soupirs amoureux » ; « passion » ; mon amour »… D’ailleurs, le passage du « vous » au « tu » effectué par Arnolphe relève aussi du registre tragique.
R2 Par ce vocabulaire, nous découvrons un hommedésespéré, amoureux, mais soumis à une fatalité qui se joue de lui.
Transition : Arnolphe se révèle donc soumis à une force qui l’accable et qui pousse la jeunesse à la victoire. Mais il serait bien réducteur de ne voir en lui qu’un héros tragique. A2 Le rire est tout d’abord lié à son caractère.
I2 Arnolphe nous apparait comme un automate, une mécanique. Cela est lié à son idée fixe, sa hantisedu cocuage. Il pense avoir tout prévu, tout mis en œuvre, depuis treize ans, pour ne jamais être trompé. Il est incapable de réfléchir et d’infléchir sa réflexion tant il est obnubilé par son obsession. Sinon, aurait-il été victime du quiproquo de l’acte II scène 6 ? Il devient ainsi un personnage du plus haut comique, comme le prouve, dès l’acte I scène 1, l’intrusion du langage familier (« bienhuppé qui pourra m’attraper sur ce point ») qui donne au texte une tonicité propice à l’éclosion du rire du spectateur.
R2 Arnolphe fait rire car il n’est qu’une marionnette manipulée par son obsession.
Transition : Mais ce rire n’est pas gratuit, ainsi Arnolphe n’est pas que comique, il est le vecteur de la réflexion du spectateur.
A2 Ainsi le comique ridicule d’Arnolphe permet de mettre envaleur la confiance que Molière accorde à l’amour et à la jeunesse.
I2 Face au vieil homme ridicule, Agnès et Horace représentent la foi de Molière dans l’avenir, cette foi qui lui fait défendre les aspirations de la jeunesse à se libérer de tout despotisme moral et religieux. C’est ce goût de la liberté qui pousse Agnès à accompagner son gré d’un billet doux ; c’est lui aussi qui la pousse à...
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