Dissertation autobiographie

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  • Publié le : 27 mars 2011
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Dans les oeuvres autobiographiques, l’enfance prend une dimension essentielle. On peut alors se demander pourquoi les souvenirs liés à cette période de notre existence tiennent une place si importante dans ces textes. Dans un premier temps, nous verrons que l’enfance est souvent utilisée comme une justification de leur vie d’adulte par les auteurs, très marqués par leurs premières années. Mais,certains écrivains savent prendre du recul par rapport à leur enfance, c’est ce que nous développerons dans une seconde partie. Enfin, allant plus loin, d’autres n’hésitent pas à extrapoler une enfance fictive à partir de la vie réelle d’un adulte, signe de l’importance de cette période dans la construction humaine personnelle et littéraire.

Beaucoup d’auteurs justifient leurs actes adultes pardes faits marquants de leur enfance. Rousseau, par exemple, obsédé à la fin de sa vie par la thèse de complot, de persécution qui pèserait sur lui, décrit dans Les Confessions un passage marquant de son enfance. M. Verrat, l’a incité à voler, simple « affaire de complaisance » pour Rousseau, mais vol qui « ouvrit la porte à d’autres qui n’avaient pas une si louable fin ». Le philosophe essaieainsi de se déculpabiliser, de se justifier auprès de ses lecteurs, à propos d’autres larcins commis, comme celui, célèbre, du ruban bleu. Il explique que M. Verrat lui fit faire « le premier pas vers le mal ». Rousseau se pose ici en victime de la société, une société qui corrompt les hommes, alors que les enfants naissent, selon lui, bons et innocents. Voila la thèse qu’il développe pour convaincreses lecteurs.
Jean-Paul Sartre, quant à lui, montre, dans son autobiographie Les Mots, que son goût pour la littérature vient des heures passées à lire dans la bibliothèque de son grand-père, à l’âge où les enfants jouent dehors, s’amusent entre eux. Il dit aussi que son penchant idéaliste est né très tôt, lorsqu’il observait les dessins de l’encyclopédie universelle, qu’il trouvait plusréalistes que les animaux réels qu’il voyait au jardin du Luxembourg. Il analyse ainsi au travers de son enfance sa vie de philosophe et ses idées.
Enfin, Hervé Bazin, dans Vipère au poing, premier roman d’une trilogie à forte dominante autobiographique, décrit sa mère au travers du personnage de « Folcoche », contraction de « folle » et « cochonne ». Le personnage de Jean Rezeau, secondenfant de la famille, est très proche de l’auteur. Bazin détaille les actes cruels, malveillants de sa mère ( qui le gifle, lui fait porter une valise trop lourde pour lui dès son arrivée, lui plante sa fourchette dans la main ), et justifie sa haine envers elle.

Dans ces trois textes, les auteurs sont très impliqués, ne prennent que peu de recul par rapport à leur enfance, ils cherchent àdémontrer, à se justifier, à se déculpabiliser. Ils mettent en avant les souvenirs d’enfance, quelque peu naïfs.

Allant plus loin, d’autres auteurs, évoquent certes leurs souvenirs d’enfance, mais en étant capables de recul, d’une certaine distance. Albert Cohen, par exemple, dans Le livre de ma mère, évoque ses souvenirs avec une tendresse amusée, mais lucide. Il raconte ses promenadesdominicales avec une mère qu’il adorait, mais il considère qu’ils étaient « ridicules », il les décrit comme des « naïfs d’antan ».
Colette, dans La maison de Claudine, fait elle aussi preuve d’une certaine lucidité. Elle revient dans la maison de son enfance, la contemple avec une forte nostalgie, et constate amèrement son état actuel par rapport à ses souvenirs. Elle considère qu’ellen’aurait pas dû abandonner ce lieu magique dans sa mémoire. Pour preuve, la description méliorative qu’elle en fait : « splendeur », « exubérance », « lumière », « magie ». L’extrait se termine par ses mots « un monde dont j’ai cessé d’être digne ?... », ce qui semble dénoter le remords de l’auteur, qui pense qu’elle n’aurait pas du laisser le berceau de son enfance à l’abandon.
Dans L’âge...
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