Dissertation butor

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  • Publié le : 20 novembre 2010
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Composition française

Sujet :

La différence entre les événements du roman et ceux de la vie, ce n’est pas seulement qu’il nous est possible de vérifier les uns, tandis que les autres, nous ne pouvons les atteindre qu’à travers le texte qui les suscite. Ils sont aussi, pour prendre l’expression courante, plus « intéressants » que les réels. L’émergence de ces fictions correspond à un besoin,remplit une fonction. Les personnages comblent des vides de la réalité et nous éclairent sur celle-ci.

Vous tenterez d’éclaire et d’apprécier, en vous fondant sur des exemples précis, le rôle attribué au genre romanesque par Michel Butor dans Essais sur le roman.

S’inscrivant pleinement dans le renouveau du roman après la guerre dans les années 1950, Michel Butor attribue au roman unefonction importante : celle de « combler les vides de la réalité », de « nous éclairer sur celle-ci ». Ainsi déclare-t-il que les évènements du récit, bien qu’étant distinct des événements de la vie réelle par ce qu’ils ne peuvent être vérifiées, mais ne peuvent être atteints que par le texte, sont « plus intéressants » que les événements réels. Dans cette mission, les personnages, parce qu’eneffet ils sont sans doute ce qu’il y a de plus important dans un récit –tout récit est histoire de personnages-, se voient attribuer une place de premier rang.
Nous tenterons de montrer qu’en effet le roman, si les événements qu’il décrit ne sont pas vérifiables, permet de donner un certain éclairage sur le réel, notamment à travers le style de l’auteur qui concentre la structure de son œuvrevers une signification et une explication du réel. Toutefois, il faut admettre, contrairement à l’affirmation de Butor qui déclare que les événements du roman sont « plus intéressants que les événements réels », que le récit romanesque reste toujours soumis à l’arbitraire de son lecteur, que les personnages du roman ne peuvent refléter mimétiquement les être humains réels. De plus, ce que ditButor ne se heurte-t-il pas à certains romans, tel La Jalousie, qui refusent de signifier et d’avoir une portée didactique ? C’est peut-être qu’alors le roman, avant d’avoir une fonction, existe par lui-même et est à lui-même sa propre vérité ; nous verrons alors que le roman, en tant que discours, est plus un éclairage sur les discours sur le réel qu’un éclairage sur le réel lui-même ; enfin, nousdistinguerons, ce que ne fait pas Butor, la fiction qui n’existe qu’à travers le texte, et le référent, qui est ce à quoi le lecteur rapporte la fiction.

Comme le dit Butor dans sa citations, «La différence entre les événements du roman et ceux de la vie, [c’est]qu’il nous est possible de vérifier les uns, tandis que les autres, nous ne pouvons les atteindre qu’à travers le texte qui lessuscite ». En effet, le propre de la fiction est d’être un récit qui raconte des événements qui ne sont pas réel tout en se donnant comme réelle. Ainsi, il était d’usage, dans les romans du dix-huitième siècle, de justifier l’origine de l’histoire : l’éditeur, l’auteur ou le narrateur indiquaient en préambule au lecteur la façon dont ils avaient reçu, d’un homme de foi, le récit qu’ils portaient à laconnaissance du public. Ainsi, les Mémoires et aventures d’un homme de qualité sont précédées d’une « Lettre de l’éditeur » dans laquelle il est expliquée que le récit rapporté a été donné par un « illustre personnage dont personne ne saurait ignorer le nom » mais auquel on a juré de ne pas dévoiler son identité. Plus loin, l’éditeur justifie aussi les événements qui peuvent paraîtreinvraisemblables au lecteur et déclare qui ce qui est raconté est réellement arrivé.
Au XIXe siècle, les auteurs usaient de procédés différents pour faire accroire leurs récits et donner un effet de réel : les techniques tendent alors à effacer au maximum les signes de l’énonciation comme si le discours était transparent, de façon à ce qu’on ne puisse mettre en doute la véracité de l’histoire. La...
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