Dissertation critique portant sur "la patrie" d'adjutor rivard

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  • Publié le : 20 septembre 2010
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Charles-Philippe Laperrière Français 103 ( Littérature québécoise

EXEMPLE D’UNE DISSERTATION CRITIQUE COMPLÈTE PORTANT SUR « LA PATRIE » D’ADJUTOR RIVARD

Sujet : Est-il possible d’affirmer que le texte d’Adjutor Rivard élabore la notion de patrie contre l’étranger ?

[S.A.] Avant 1960, au Québec, la notion de patrie revêt une importancecapitale. À cette époque, il en va en effet de la nécesité même de définir en termes clairs notre appartenance nationale, parfois au détriment de nos concitoyens anglo-canadiens, qui étaient alors confinés au rôle, plutôt ingrat, de l’oppresseur.
[S.P.] La problématique nationale canadienne française est abordée de front dans un court texte d’Adjutor Rivard, sobrement intitulé « La patrie ».Abordée tantôt comme une terre léguée par les ancêtres, habitée et cultivée par les contemporains, tantôt comme un bien à défendre contre les Américains, la patrie apparaît surtout ici comme une notion synthétisant l’essentiel de ce qui compose l’identité canadienne-française, à une époque où l’on valorise la culture et les valeurs du terroir.
[S.D.] La présente analyse montrera, d’une part, quela notion de patrie est élaborée, dans le récit de Rivard, à partir de la vision ethnocentriste qu’ont, de la terre, ceux qui l’habitent et la cultivent. D’autre part, elle s’attachera à montrer que le texte définit également la patrie comme un bien qu’il faut protéger d’un éventuel envahisseur. Enfin, il sera question de la terre-patrie perçue, par l’oncle Jean (le protagoniste), comme unevéritable matrice identitaire.

[Thèse] D’une part, il semble que le texte élabore implicitement, du moins par moments, la notion de patrie en reprenant des éléments culturels qui sont le propre du protagoniste et de sa race.
[Arg.1] Premièrement, il apparaît clairement, dès l’ouverture du texte, que le protagoniste et les siens occupent un territoire qui leur appartient d’emblée : « Devant lui,s’étendait, tout en longueur, son domaine, des blés, des orges, des avoines, puis du foin, et plus loin un champ de sarrasin, plus loin encore un friche, et au delà une sucrerie, qui fermait l’horizon. » (p. 21) La terre que contemple le protagoniste est rigoureusement découpée, selon les diverses cultures qu’on y fait : elle porte la marque des soins qu’on lui porte. On remarque également que lasuperficie de cette terre est cisconscrite par l’horizon ; celui-ci agit de toute évidence comme une borne, une clotûre qui marque un intérieur (aménagé et exploité par la race) et un extérieur (ce qui court au-delà, qui correspond au territoire de l’autre). Ce qu’on cultive à l’intérieur est nécessairement à soi, et ce qui s’étend au-delà, à l’autre.
[Arg.2] Deuxièmement, le texte établit un rapportd’équivalence entre la terre occupée, cultivée, habitée, et la notion de patrie : « il [oncle Jean] tira de sa pipe quelques touches encore ; puis, sans détourner le regard qui allait là-bas vers la forêt, et d’un geste montrant les champs, les prés, les bois : ( La patrie, c’est ça. » (p. 21) Ce passage souligne explicitement la réciprocité qu’il y a entre les concepts de terre cultivée et de patrie :notre terre est notre patrie, et notre patrie est notre terre.

[Antithèse] D’autre part, il est également possible d’affirmer que le texte élabore la notion de patrie contre l’étranger.
[Arg.1] D’abord, pour l’oncle Jean, la terre-patrie apparaît comme un bien qu’auraient légué les ancêtres à ceux qui occuperont la terre après eux ( et à eux seuls. Le texte est explicite quant à la natureobjectale de la terre : « le vieillard regardait son bien » (p. 21). L’oncle Jean possède sa terre, elle est à lui, à ceux de sa race, et à personne d’autre. Ceci est attesté par le passage suivant : « Souvent, cette idée me vient, et je me dis : “Jean, c’est pour toi qu’ils ont peiné, pour toi et pour ceux de ta race qui viendront après toi”. » (p. 22) Ici, la figure d’insistance (« toi...
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