Dissertation de philosophie - kant et la légalité nécessaire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 21 (5027 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 6 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
PHILOSOPHIE.

Sujet
Kant dit : « Comment est-il possible de connaitre a priori la légalité nécessaire des choses en tant qu’objet de l’expérience, ou bien : la légalité nécessaire de l’expérience elle-même, relativement à tous les objets en général ? »

Kant, au détour de ses trois Critiques, tente de répondre à trois questions fondamentales : que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Quem’est-il permis d’espérer ? La première de ces Critiques, la Critique de la raison pure, dont est extraite la citation ci-dessus, s’interroge ainsi sur les mécanismes de la connaissance. Ainsi, si la raison humaine est douée de la faculté de connaitre, elle ne peut néanmoins tout connaitre : Dieu lui échappe par exemple. Kant se concentre ainsi sur le monde sensible, sur les phénomènes etl’expérience. De la citation ci-dessus se dégage une thèse centrale : Kant, en posant la question des mécanismes de la connaissance a priori de la légalité nécessaire des choses, présuppose en effet que les choses en tant qu’objet de l’expérience, et l’expérience elle-même, qui les englobe, sont soumises à une légalité nécessaire. En conséquence, nous sommes amenés à nous poser la question suivante : de quellemanière cette citation s’inscrit-elle dans la logique kantienne de la connaissance, logique particulière qui n’est finalement qu’une certaine représentation de la Vérité ? Ainsi, dans un premier temps, nous nous intéresserons à la conception kantienne de la connaissance scientifique, avant de l’analyser en tant que conception somme toute relative, à laquelle s’oppose un certain nombre dephilosophies, faisant ici intervenir la problématique de la Vérité. Enfin, dans un troisième temps, nous nous pencherons sur les limites inhérentes à la science, présentée ici comme la manière privilégiée d’accéder à la connaissance.

Ainsi, afin de mieux comprendre les enjeux de cette citation, il convient de s’intéresser dans un premier temps à la conception kantienne de la connaissance scientifique.En effet, c’est cette dernière qui seule peut expliquer, et donc nous permettre de connaitre, la légalité nécessaire des choses en tant qu’objet de l’expérience. Kant conçoit la connaissance comme une véritable construction, où les présupposés sont nombreux, et où les procédés ne le sont pas moins.

Il commence ainsi par définir un cadre à la connaissance, qu’il nomme esthétiquetranscendantale, l’adjectif « transcendantal » renvoyant, dans le vocabulaire de Kant, à tout ce qui, indépendamment de l’expérience, rend possible toute connaissance. Il expose donc les présupposés de la connaissance.
Ainsi, la première condition de possibilité de l’expérience consiste en l’existence d’une dimension euclidienne, constituée de l’espace et du temps. L’espace et le temps sont vus comme desformes a priori de la sensibilité chez Kant, soulignant ainsi la dimension intuitive de l’espace sensible notamment. L’espace n’est pas une « chose en soi », il n’a pas de réalité indépendante et objective : il se limite à l’expression des phénomènes. Kant dit ainsi dans la Critique de la raison pure que « l’espace n’est que la forme de tous les phénomènes externes, c’est à dire la condition subjectivede la sensibilité ». Ainsi, l’espace et le temps ne sont qu’un contenant, n’ayant pas d’existence en soi, où vient s’assoir la sensibilité.
C’est donc dans ce contenant vide que vient s’inscrire la matière, c’est à dire les phénomènes, qui sont donnés aux sens. La sensibilité intervient ici : elle permet de se saisir à la fois de la forme (l’espace et le temps) et du fond (la matière), et permetdonc au sujet de se rapporter à quelque chose existant hors de lui, d’appréhender ce qui est autre. La sensibilité, chez Kant, est donc la base de l’entendement, car elle lui fournit la matière, les phénomènes sur lesquels il va pouvoir s’exercer. La connaissance, synthèse de la sensibilité et de l’entendement, nécessite en effet l’existence d’un « dehors », c'est-à-dire du monde...
tracking img