Dissertation de philosophie

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  • Publié le : 16 octobre 2010
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La dissertation de philosophie

Je présente ici quelques indications sur les exigences et la méthode de la dissertation en philosophie. Il s’agit de ramasser en quelques points les critères spécifiques de cet exercice. D’abord, quelques exigences minimales et générales sur les fondements du travail dissertatif lui-même :

-Le sujet doit être lu attentivement : il doit être pris en comptedans toutes ses dimensions. Par conséquent, toutes les notions importantes qu’il contient doivent être interrogées. Ceci, afin d’éviter une lecture trop vague qui tendrait à en gommer certains aspects ou une lecture trop restrictive qui tendrait à substituer une autre question à la question proposée.

-La durée impartie pour l’épreuve contraint au respect de certaines règles proprementdissertatives : il ne s’agit ni d’un essai, ni d’une libre improvisation. Ce qui est attendu, c’est la mise en place réglée, précise et progressive d’une analyse des notions en jeu. C’est par cette analyse que sera établie la problématique et que sera structurée l’argumentation.

-Les références théoriques sont, dans le cadre de ce travail, nécessaires. Cependant, il faut se garder de transformer laréférence aux auteurs en argument d’autorité. Par ailleurs, il faut aussi éviter de confondre la nécessité d’une référence qui s’impose dans le déroulement d’une réflexion personnelle avec le vain et scolaire défilé des doctrines. Kant disait qu’on n’apprend pas la philosophie, mais qu’on apprend à philosopher… Le conseil est toujours valable pour l’élaboration de la dissertation : une référence n’estlégitime et efficace qu’à condition d’être reprise dans une argumentation réfléchie et personnelle et donc, à terme, il faut pleinement se réapproprier les références utilisées.

-L’usage des exemples doit lui aussi être précisément délimité. Si l’exemple est nécessaire, il n’a pas pour autant valeur démonstrative directe. Il doit être choisi en fonction des thèses soutenues, non parce qu’ilprouverait, mais en fonction de son efficacité à faire voir la portée et la signification des thèses. Par l’exemple, mis en perspective, interprété originalement et discuté, la signification se fait situation.

-Enfin, les conclusions ne doivent pas fournir l’occasion de galvauder ou de généraliser abusivement les enjeux du sujet : la conclusion n’est jamais une « ouverture » vers un autre sujet. Ilfaut donc répondre nettement à la question que le sujet proposé a permis de formuler, tout en s’appuyant sur l’argumentation des analyses qui précèdent. Il ne faut pas craindre d’être radical ou paradoxal.

Après ce bref rappel, je précise brièvement de quelle manière il faut aborder le sujet. Pour comprendre philosophiquement le sujet, il faut d’abord s’attacher aux mots. C’est « dans les motsque nous pensons », disait Hegel, et c’est par là qu’il faut commencer. Certes, la philosophie n’est ni étymologie, ni rhétorique, mais cela ne l’empêche pas d’emprunter aux deux, c’est-à-dire de choisir l’expression la plus précise possible et d’utiliser toutes les ressources de la langue. C’est par ce travail sur les mots que le problème pourra apparaître. Or, si le problème n’apparaît pas, iln’y a pas de réflexion philosophique.
Les termes du sujet ne sont pas pour autant des concepts qui attendraient d’être ramenés à leur foyer d’origine, mais ce ne sont pas non plus des thèmes dont il faudrait faire le tour en se fondant sur une lecture technique, historique ou psychologique.
Ces mots sur lesquels doit d’abord porter l’analyse sont des notions. Vagues et approximatives par essence,elles ne peuvent faire l’objet d’une affirmation directe et péremptoire à l’endroit de leur sens. D’une notion, on ne peut savoir a priori ce qui mérite d’en être dit. Et c’est précisément cette incertitude de départ qui ne peut manquer de faire apparaître un problème. C’est donc à la fois dans la suspension de l’affirmation d’une opinion naïve et dans la mise en place d’une réflexion...
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