Dissertation : est-il juste de penser, comme le dit eluard, que les poètes « parlent pour tous » ?

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  • Publié le : 3 décembre 2011
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Introduction : Depuis Homère, de nombreux hommes de lettres se sont essayés à l’art exigeant qu’est la poésie. Et si les formes et fonctions de cet art ont étonnement varié à travers les siècles, il demeure que le poète a toujours tenu une place toute particulière dans la société des hommes. Ce rapport, entre l’artiste et la communauté dans laquelle il vit, est essentiel puisqu’en découle lanature même des créations du poète. Il est donc tout à fait pertinent de nous préoccuper du lien particulier entre le poète et son destinataire.
Problématique : Peut-on considérer ainsi que les poète « parl[ent] pour tous », comme l’affirmait Paul Eluard, dans L’Evidence Poétique (1937) ?
Plan : Pour répondre à cette interrogation, il convient de voir comment le poète peut apparaître comme la voixdes hommes (I) avant de nous intéresser aux décalages survenant entre cet artiste et la société (II) pour enfin nous définir le poète comme pouvant devenir un être meurtri et rejeté (III)

Première partie : Les poètes semblent être aptes à être la voix de tous
Introduction partielle : Paul Eluard n’affirmait pas innocemment que les poètes ont « maintenant l’assurance de parler pour tous ». Lepoète, homme avant tout, peut être considéré comme à même de s’exprimer au nom de tous et d’être compris par ceux-là même.
Première sous partie : le poète est un homme, qui peut donc s’exprimer pour ses pairs. Ainsi, le poète exprime de façon récurrente des sentiments forts et universels. Ces sentiments, partagés par tous, peuvent être alors exprimés de façon surprenante, quand la plupart lescroyaient indicibles. Si le fameux poème « Demain, dès l’aube » (in Les Contemplations) de Victor Hugo émeut, c’est qu’en quelques mots seulement, tout la souffrance d’un père meurtri par la mort de sa fille transparaît, de façon extrêmement touchante. De même Gérard de Nerval dépeint-il incroyablement le sentiment de folie dans son « El desdichado » in Les Chimères. Ainsi, le poète, en parvenant àmettre des mots sur des éléments ressentis, se fait la voix de l’homme, celui-ci pouvant être en incapacité de les exprimer.
Deuxième sous partie : la poésie est un art attractif qui peut délivrer un message fort.
De plus, le poète peut être amené à mettre son art au service d’un engagement. Sous une forme très attrayante, puisque musicale et facile à retenir, grâce à l’emploi de rimes, le poètepeut exposer un point de vue souvent politique, qu’il croit bénéfique à la société des hommes. Le jeune Arthur Rimbaud usa ainsi de son talent pour dénoncer le conflit franco prussienne et plus généralement, l’horreur de la gueule, dans « Le Dormeur du Val » publié dans le recueil Poésies. Le dernier vers, « Il a deux trous rouges au côté droit » frappe le lecteur et exprime fortement un caractèrepacifiste. De même, l’œuvre d’Aragon révèle son engagement dans la résistance ainsi que son engagement politique communiste. Le poème « L’affiche Rouge » in Le roman inachevé prouve cet engagement. Le poète parle donc à ses contemporains de réalités concrètes et actuelles qui les touchent directement.
Troisième sous partie : le poète, une voix du divin en mission parmi les hommes ?
Le poèteapparaît vraiment comme une voix qui s’élève au milieu des hommes et qui cherche à les mener vers des hauteurs spirituelles. Le poète cherche alors à devenir un médiateur entre les hommes et le divin. Victor Hugo, s’exclame ainsi dans « Fonction du poète » in Les Rayons et les Ombres:
« Peuples ! Ecoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré »
Ce désir de ralliement et d’écoute envers le poètetransparaît également dans le dernier vers du « Prologue » des Poèmes Saturniens de Verlaine.
« Va, mon livre, où le hasard te mène ! »
Le poète envoie ici son recueil en mission au milieu des hommes, et bien que assez désabusé –sentiment révélé par l’emploi du nom commun « hasard », il espère établir un lien entre le divin, auquel il parvient, et le commun des hommes.
Conclusion partielle : Le...
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