Dissertation - "je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer"

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  • Publié le : 5 juin 2011
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Il vaut mieux se presser de rire de tout...

Le rire chez Beaumarchais.

Beaumarchais est un homme aux multiples facettes. Celle que nous étudions ici et son aptitude à écrire des Comédies. Etudions le rire chez Beaumarchais, nous nous appuierons sur deux de ses Œuvres, Le Barbier de Séville (1775), et le Mariage de Figaro(1784)
Le rire est très présent chez Beaumarchais, et sous toutes sesformes, tout les types de comiques sont apparents.
Le comique de gestes, tout d’abord, est très présent, comme l’échange de révérences entre Suzanne et Marceline, ou Figaro recevant le soufflet que le Compte destinait à Chérubin.
Nous observons ensuite un comique de mots, qui est de loin celui qui domine la pièce. Par exemple, l’échange d’injures endiablées de Figaro et Bazille, sur le rythmede la stichomythie :
Figaro, vite - Un musicien de guinguette !
Bazile, vite - Un postillon de gazette !
Figaro, vite - Cuistre d'oratorio !
Bazile, vite - Jockey diplomatique !

Tout un jeu d'apartés se met en place scène 7, acte V, tandis que le Comte et la Comtesse (déguisée en Suzanne) discutent de la nécessité pour une femme de tout faire pour garder sa mari :
Le Comte - ..."on l'oublie trop"
La Comtesse - "Ce ne sera pas moi"
Le Comte - "Ni moi"
Figaro, à part - "Ni moi"
Suzanne, à part - "Ni moi"
Le Comte - ... "Il y a de l'écho ici..."

On note ensuite un comique de situation. La scène 8 de l'acte I, offre un exemple très intéressant de comique de situation : la scène se passe dans la chambre de Suzanne, elle s'entretient avec Chérubin. Surpris par l'arrivéedu Comte, Chérubin se cache derrière le fauteuil sur le quel Suzanne jette une robe. L'arrivée impromptue de Bazile contraint le Comte à trouver une cachette : une longue didascalie nous précise le jeu scénique : "Suzanne lui barre le chemin ; il la pousse doucement, elle recule, et se met ainsi entre lui et le petit page ; mais pendant que le Comte s'abaisse et prend sa place, Chérubin tourne etse jette sur le fauteuil à genoux, et s'y blottit. Suzanne prend la robe qu'elle apportait, en couvre le page, et se met devant le fauteuil?" Ainsi le Comte ignore-t-il la présence du petit page qui a entendu tout ce qu'il a dit à Suzanne, et tous deux vont être témoins de la conversation entre Bazile et Suzanne.
Puis un comique de caractères , Bazile qui se croit un grand musicien alors qu'iln'est qu'un "musicien de guinguette», le Comte, grand Seigneur et maître du château, qui crie, tape du pied et est prêt, une pince à la main, à défoncer la porte du "cabinet" , ou encore Antonio qui dit au Comte qu' "on jette toutes sortes de choses par ces fenêtres ; et tout à l'heure on vient d'en jeter un homme."(II,21)
Nous observons enfin une mise en abyme, une véritable « comédie dans lacomédie ».
Ainsi, scène 19 de l'acte II, la Comtesse feint d'avoir joué une farce à son mari qui, voyant Suzanne sortir du "cabinet" déclare : "... vous jouez fort bien la comédie". Dés lors elle va jouer la comédie de la femme choquée et déçue de la méfiance jalouse de son mari."

La gaieté, une philosophie : celle de Figaro ?

Il est indubitable que le spectateur rit beaucoup. La gaieté estune disposition naturelle chez Suzanne et chez Figaro et le ton du badinage domine le plus souvent leurs conversations. Mais la gaieté est plus qu'une tradition littéraire, elle devient un véritable art de vivre voire une philosophie pour Figaro, c’est de lui que vient la fameuse citation que nous étudions ici-même, alors que le Compte l’interrogeait sur l’origine de sa gaieté.
De fait, la joiede vivre génère chez le personnage un optimisme qui l'aide à triompher de la nécessité comme il le confie dans son monologue : "[...] laborieux par nécessité mais paresseux... avec délices."(V,3). Opportuniste, il s'adapte aux différentes situations "Valet ici, maître là, selon qu'il plaît à la fortune". Personnage pragmatique, il est conscient qu'il faut posséder "un savoir faire plus qu'un...
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