Dissertation: le choix et le hasard dans pride and prejudice

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  • Publié le : 16 septembre 2010
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La question du choix et du hasard dans Pride and Prejudice de Jane Austen.

« Happiness in marriage is entirely a matter of chance. » affirme Charlotte Lucas au chapitre 6 du roman. Elle choisira cependant quelques chapitres plus tard un homme qui comme le souligne l’héroïne, ne pourra pas la rendre heureuse (chapitre 22). La question du hasard et du choix concernant le destin despersonnages et la résolution de l’intrigue dans le roman Pride and Prejudice, de Jane Austen, s’inscrit dans une tension permanente entre la romance, dont le mécanisme favori est le hasard, et le réalisme qui se distingue par le mouvement contraire, et est donc à rapprocher du choix. Ces deux notions ont une définition contradictoire : le hasard implique l’ignorance des causes et des conséquences d’unévénement, alors que le choix ne peut fonctionner qu’en « connaissance de cause » Elles devraient donc s’exclure mutuellement, mais dans la dynamique romanesque, l’une n’existe pas sans l’autre. On peut alors se demander comment le choix et le hasard participent conjointement ou séparément à l’élaboration d’une éthique et d’un modèle d’harmonie sociale au sein du roman. La question du choix et duhasard est d’abord intimement liée à la dimension didactique du roman, aussi bien concernant la question séminale du mariage, que dans celle des passe-temps des protagonistes, qui symbolisent leurs valeurs morales. La fiabilité des personnages amène donc d’autre part à se poser la question de celle de l’héroïne. En effet, si elle est inconsciemment dépendante du hasard dans la formation de sonopinion, la narration met aussi en évidence sa volonté propre dans l’expression des jugements qu’elle porte, et souligne sa détermination à faire face à l’épreuve qui lui est imposée par le biais de la lettre de Darcy. C’est donc à partir de cet épisode que le hasard va reprendre le dessus en faisant « triompher » la romance, bien que le roman s’achève sur une ambiguïté qui ne peut trancher en faveurdu déterminisme social incarné par la comédie de mœurs et la conclusion logique de la romance.

En premier lieu, le choix et le hasard sont utilisés au sein du roman comme indicateurs de la fiabilité des personnages. En effet, on peut tout d’abord s’intéresser à l’intervention du choix et du hasard dans les unions qui se forment au long du roman.
Il faut préciser que le choix est unedonnée relative au contexte social. Le libre arbitre d’un individu est soumis à des contraintes, que l’on peut voir comme dues au hasard de la naissance. Par exemple, si Georgiana Darcy est « bien-née », le Colonel Fitzwilliam quant à lui met en évidence chapitre dix livre II « younger sons cannot marry where they like » que l’absence de fortune restreint les choix de partenaires. On peut noterégalement que l’absence de choix dans le cadre du mariage est annoncé dès l’ouverture du roman, « a single man in possession of a good fortune must be in want of a wife » : l’opposition évidente entre « must » qui possède une connotation de contrainte, même utilisé dans sa valeur épistémique, et « want » qui est à rapprocher sémantiquement du libre arbitre. En l’occurrence, le choix n’en est pas un,puisque la société impose à la catégorie des « hommes fortunés » de rechercher une jeune fille à épouser. Cependant, en théorie, les membres de l’aristocratie ne sont pas non plus tout à fait libres de leurs choix : comme le précise Lady de Bourgh au chapitre quatorze livre III, Darcy est destiné à sa fille.

Pour autant, le but du roman n’est pas de dénoncer les réalités économiques del’époque. En effet, le choix d’un partenaire est avant tout révélateur de la morale des personnages : Charlotte a fait un choix mercenaire (chapitre vingt-deux) selon Elizabeth en la personne de Mr Collins, c’est-à-dire dépourvu de sentiment et purement matérialiste. La désapprobation du narrateur, dont Elizabeth se fera l’écho plus tard dans le même chapitre, est rendue évidente par l’ironie de...
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