Dissertation lsh: le mensonge

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  • Publié le : 28 avril 2010
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Huet Janne
LSHC
Dissertation de Philosophie

LE MENSONGE

D’une manière générale, le mensonge est considéré exclusivement sur le plan moral qui le condamne sévèrement. Pourtant, il semble que le mensonge soit une notion qui relève la nature de l’homme. Pourquoi le mensonge, qui relève de lanature de l’individu, est-il-condamné en permanence ? Cette condamnation, est elle pertinente dans tous les cas ? Nous constaterons donc, dans un premier temps, que le mensonge est un fait naturel chez l’homme relevant de son libre arbitre et motivé par des pulsions purement humaines. Dans un deuxième temps, nous verrons que le mensonge peut être considéré comme un crime contre la raison et nuireà l’homme. Enfin, nous verrons dans quelle mesure les pulsions naturelles de l’homme qui le poussent à mentir sont dans les faits bien supérieures à sa raison, et dans quelle mesure le mensonge peut s’avérer utile contrairement à la condamnation dont il est l’objet.

Dans son ouvrage Du Mensonge, Jankélévitch affirme que « la possibilité du mensonge est donnée avec la conscience elle-même, dontelle mesure ensemble la grandeur et la bassesse ». Le mensonge, défini comme une parole prononcée dans le but de cacher ou de dénaturer la vérité, relève donc de la nature de l’homme. Selon Nietzsche, dans les Etudes théorétiques, « le menteur utilise les désignations valables, les mots, pour faire apparaitre l’irréel comme réel ». La possibilité de mentir témoigne donc de la capacité de l’hommeà imaginer et à concevoir des propos suffisamment vraisemblables pour que son interlocuteur puisse le croire. La conception du mensonge dans l’esprit de l’homme est déclenchée par la volonté de tromper de celui-ci, conforme à un but précis qu’il cherche à atteindre. Le mensonge n’est donc pas vain, c’est une démarche consciente de l’homme, préméditée, et qui cherche à atteindre un but précis.Enfin, l’homme, par sa une conscience du réel et sa maîtrise du langage (il « utilise des désignations valables ») est capable de mettre son mensonge à exécution dans le monde réel. Il peut alors exécuter deux types de mensonge, selon les circonstances qui le poussent à mentir : soit il va mentir en inventant des faits (partiellement ou totalement), soit il va choisir de pas mentionner des faitsnécessaires à son interlocuteur pour comprendre une situation (c’est le mensonge par omission), ce qui est une manière de dissimuler la vérité sans forcément prendre la parole pour cela. Le mensonge révèle aussi la complexité de la conscience humaine. C’est donc la conscience de l’homme qui le dispose à mentir, et donc sa nature. Lorsqu’il ment, l’homme est conscient dans tous les sens du terme: il peutmentir grâce à sa conscience, et il est conscient de la vérité qu’il dissimule ou détourne à ce moment là. Par conséquent, le mensonge est un choix, et non une fatalité (on a toujours le choix de mentir). Le menteur se rend donc entièrement responsable de ses propos, et des conséquences qu’ils peuvent avoir. Le mensonge, en somme, relève à la fois de la nature et du libre arbitre du sujet.
Ils’agit maintenant d’exposer les raisons qui peuvent pousser l’homme à mentir. Le mensonge relève d’une volonté de tromper autrui. Selon Paul Valéry « ce qui nous force à mentir, est fréquemment le sentiment que nous avons de l’impossibilité chez les autres qu’ils comprennent entièrement notre action ». Si nous mentons, c’est parce que nous avons jugé que la réalité d’une chose nous concernant nenous convenait pas et/ou parce que nous savons qu’elle ne plairait pas à autrui, au préalable. Nous avons donc peur de nous heurter au jugement d’une personne ou d’un groupe. Cette peur vient du fait que la vérité ou la réalité peuvent constituer des obstacles à notre désir d’être aimé, admiré, estimé, reconnu par les autres, d’atteindre des buts que nous nous sommes fixés, en somme d’être...
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